Entrevue Gouvernement / FEDIL

Jeudi, le 28 février 2002

Le 28 février dernier, une délégation du Conseil d’Administration de la Fédération des Industriels Luxembourgeois, conduite par M. Charles KROMBACH, Président, a rencontré le Gouvernement représenté par M. Jean-Claude JUNCKER, Président, ainsi que Mme Lydie POLFER, Vice-Président, Mme Erna HENNICOT-SCHOEPGES, M. Henri GRETHEN, Mme Anne BRASSEUR, M. François BILTGEN, Ministres, et M. Jos SCHAACK, Secrétaire d’Etat.

Après un échange de vues sur la situation conjoncturelle, les représentants du Gouvernement et de la FEDIL ont évoqué les sujets suivants : la politique énergétique et le développement durable, le projet ‘Université du Luxembourg’ ainsi que les défis en rapport avec la généralisation de l’utilisation des technologies de l’information et de la communication (TIC).

Situation économique et sociale

L’économie luxembourgeoise, et plus particulièrement l’industrie, souffre des effets de la dégradation du climat économique international. S’y ajoute, au plan national, une très forte croissance des coûts salariaux – au-delà de 5% en 2002 – affectant négativement la compétitivité de nombre d’entreprises. Le recours au chômage partiel ou encore les décisions de restructuration en sont les conséquences immédiates.

Face à cette situation difficile, le Gouvernement et la FEDIL ont souligné l’importance d’une politique économique en faveur de l’amélioration de la compétitivité des entreprises. « Les récentes décisions du Gouvernement de réduire la charge fiscale pesant sur les entreprises s’inscrivent dans le cadre d’une telle politique », a déclaré le Président de la FEDIL.

A côté de la nécessité de porter un frein à l’évolution trop rapide des salaires, la FEDIL a invité le Gouvernement à pratiquer une politique sociale permettant de maintenir le niveau actuel des charges sociales. Dans ce contexte, les représentants de la FEDIL ont rappelé qu’ils ne partagent pas les conclusions tirées à l’issue des discussions du ‘Rentendësch’ et ont mis en garde devant une politique de santé se soldant par un dérapage des coûts de l’assurance maladie et, en conséquence, une augmentation des cotisations à l’assurance maladie.

Les secteurs et entreprises représentés par la FEDIL portent une attention particulière aux travaux actuellement en cours sur la réforme de la législation relative aux conventions collectives de travail et à l’Office National de Conciliation. Selon M. KROMBACH, Président, « il s’agit, d’un côté, de définir plus clairement la notion de syndicat pouvant signer une convention collective et, de l’autre côté, de s’assurer que les propositions de réforme, tant en ce qui concerne l’instrument des conventions collectives de travail que celui de l’Office National de Conciliation, soient inspirées du souci du maintien de la paix sociale ».

Porte-parole du secteur de la construction, M. Christian THIRY, Administrateur FEDIL, a d’abord tiré l’attention du Gouvernement sur les problèmes qu’une répartition déséquilibrée des mises en adjudication des travaux publics entraîne au niveau des carnets de commandes. Mme Erna HENNICOT-SCHOEPGES, Ministre des Travaux Publics, a confirmé que les nouvelles contraintes en matière de contrôle financier ont eu comme effet qu’un tiers du budget disponible n’a pas pu être utilisé en 2001, d’où le besoin de rendre l’exécution des travaux publics plus flexible.

Ensuite, M. THIRY a relevé la quasi-absence d’infrastructures de gestion des déchets inertes dans les régions Sud et Centre du pays qui compromettra sérieusement l’activité du secteur de la construction à partir de l’été 2002. Une action du Gouvernement ne permettra guère de combler ce déficit à court terme. Le Gouvernement et la FEDIL sont d’accord qu’il faut impérativement prévoir un réseau de décharges dans le cadre de l’aménagement du territoire. Il s’agit-là d’une condition nécessaire à la mise en place d’une infrastructure durablement suffisante.

Politique énergétique et développement durable

En matière de politique énergétique, le Gouvernement et la FEDIL ont convenu de reconduire l’accord volontaire relatif à l’amélioration de l’efficacité énergétique dans l’industrie luxembourgeoise. « L’accord volontaire permet d’atteindre des résultats concrets tout en laissant le libre choix des moyens à mettre en œuvre aux entreprises », a précisé M. Robert DENNEWALD, Vice-Président de la FEDIL.

« Nous reconnaissons les efforts réalisés par l'industrie luxembourgeoise au cours des dernières années en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre », a déclaré M. Henri GRETHEN, Ministre, ayant dans ses compétences la politique énergétique. Le Parlement ayant récemment approuvé le Protocole de KYOTO, il s’agit dès à présent de réfléchir ensemble sur la mise en œuvre de la stratégie nationale en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre. De l’avis de la FEDIL il faut, par ailleurs, analyser dans quelle mesure l’on peut recourir aux instruments dits flexibles pour atteindre l’objectif ambitieux des –28%.

Université du Luxembourg’

Le projet du Gouvernement concernant la création d’une université à Luxembourg a fait l’objet d’un premier échange de vues entre le Gouvernement et les représentants de la FEDIL. De l’avis de M. Marc SOLVI, Administrateur FEDIL, toute décision en la matière devrait obéir aux trois principes suivants :

  • le principe de prudence qui veut que le projet doive être mis en œuvre par étapes successives, selon des priorités à définir en fonction de l’utilité économique et que son financement doive être assuré à long terme ;


  • le principe de qualité qui veut que le couple enseignement-recherche, qui caractérise la formation universitaire de 3e cycle, doive atteindre un niveau d’excellence et faire l’objet d’une évaluation régulière permettant de juger de la qualité des résultats par rapport aux moyens mis en œuvre ;


  • le principe d’une « orientation internationale », qui impose aux facultés de la future université du Luxembourg de collaborer avec des instituts universitaires de renommée internationale, tant en matière de formation qu’en matière de recherche.

Mme Erna HENNICOT-SCHOEPGES, Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, a remercié la FEDIL pour sa contribution constructive au débat sur la création d’une université à Luxembourg et a souligné que son ministère aimerait approfondir avec la FEDIL notamment les questions relatives à l’enseignement technique supérieur et à la mise en place d’une faculté des sciences appliquées.

Technologies de l’information et de la communication

Les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) et leur importance pour le développement futur de l’économie luxembourgeoise ont constitué un dernier sujet de discussion entre Gouvernement et FEDIL. M. Yves ELSEN, Administrateur FEDIL, a attiré l’attention du Gouvernement sur les obstacles de nature législative et administrative qui freinent le développement des infrastructures de télécommunication au Luxembourg ainsi que sur le retard accumulé dans la mise en œuvre du projet ‘eGovernment’.

Tout en reconnaissant les progrès réalisés par le Gouvernement sur les différents chantiers du programme eLuxembourg, la FEDIL a offert d’approfondir la collaboration avec les ministères compétents en la matière.

En guise de conclusion, M. Jean-Claude JUNCKER, Président du Gouvernement, a souligné la nécessité de concilier les objectifs de la politique gouvernementale avec la nécessité du maintien de la compétitivité internationale de nos entreprises et, dans ce contexte, l’importance de poursuivre sur une base régulière le dialogue avec les organisations patronales les plus représentatives.

Luxembourg, le 1er mars 2002

 

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