Une délégation de la FEDIL reçue par le gouvernement

En date du mardi, 17 février dernier, une délégation de la FEDIL, conduite par M. Charles KROMBACH, président, a été reçue par le gouvernement représenté par M. Jean-Claude JUNCKER, ministre d’Etat, ainsi que les ministres M. Fernand BODEN, Mme Erna HENNICOT-SCHOEPGES, M. Henri GRETHEN, M. Charles GOERENS, M. Luc FRIEDEN et M. François BILTGEN, afin de procéder à un échange de vues traditionnel portant sur des thèmes d’actualité et concernant de près les secteurs économiques regroupés au sein de la FEDIL.

L’échange de vues portait notamment sur trois volets, à savoir la politique financière, la politique sociale et l’énergie.

Le gouvernement et la FEDIL partagent le souci d’une politique budgétaire prudente. Tout d’abord, la FEDIL salue les efforts du gouvernement pour le maintien d’un haut niveau d’investissements publics, créateurs de valeur ajoutée pour de nombreux secteurs de l’économie nationale (construction, artisanat, commerce) et permettant d’améliorer les infrastructures au service de l’économie. De même, la FEDIL souligne le bien-fondé de la réforme fiscale de 2001-2002, par son effet de stimulation sur la consommation et les investissements privés.

Cependant, la FEDIL estime que la progression excessive des dépenses courantes de l’Etat, allant de pair avec une diminution des recettes courantes, risque de paralyser la marge de manœuvre budgétaire du gouvernement. Dans ce contexte, il y a lieu de relever l’impact des dépenses sociales ou encore les dépenses en relation avec la politique de rémunération dans la fonction publique.

Dans le domaine de la politique sociale, la FEDIL estime que les discussions actuelles sur l’indemnisation en cas de maladie («Lohnfortzahlung») et, en général, sur l’introduction du statut unique, devront impérativement être vues dans le contexte plus large de la compétitivité des entreprises. Il ne saurait donc être question d’augmenter les charges sociales des entreprises, que ce soit par le biais des taux de cotisation ou d’une prise en charge de l’indemnité pécuniaire de maladie.

Par ailleurs, les mesures proposées par la FEDIL, notamment l’introduction d’une participation de l’assuré, gardent toute leur pertinence et doivent être considérées dans la discussion générale à mener, alors qu’elles permettent de réduire l’absentéisme, phénomène à la base de la croissance des indemnités pécuniaires de maladie. Toujours en ce qui concerne l’indemnisation des absences pour maladie, tant la FEDIL que le gouvernement tiennent à préciser que les engagements pris se limitent, pour l’instant, à la seule réalisation d’une étude d’impact.

Dans le domaine de la politique relative à l’énergie, la FEDIL souligne la nécessité du maintien voire du rétablissement de la compétitivité des tarifs industriels d’énergie lors de la mise en œuvre des dossiers tels que la taxation de l’énergie ou de la directive européenne «Emission Trading». Au sujet de la mise en œuvre de cette directive en relation avec les accords de Kyoto visant à réduire sensiblement les émissions de gaz à effet de serre, la FEDIL a eu un dialogue constructif avec le gouvernement.

Consciente du fait que l’engagement trop ambitieux du gouvernement pris à Kyoto en 1997 risque d’hypothéquer et le développement industriel et l’équilibre budgétaire de l’Etat, la FEDIL estime incontournable le recours aux instruments dits «flexibles», permettant au Luxembourg de se faire créditer des quotas d’émissions par le co-financement de projets écologiques dans des pays tiers.

Dans ce contexte, le gouvernement devrait s’opposer à toute tentative au niveau européen allant dans le sens d’une interprétation plus stricte des accords de Kyoto, notamment par une limitation du recours aux instruments flexibles. Toujours en rapport avec la directive «Emission Trading», la FEDIL est d’avis que le Plan national d’allocation, à élaborer par le gouvernement d’ici le 31 mars, devrait s’orienter selon les besoins réels des entreprises en termes de quotas d’émissions.

Finalement, la FEDIL invite le gouvernement à réfléchir sur les démarches futures à entamer à l’échelle européenne pour le cas où le Protocole de Kyoto ne pourrait entrer en vigueur en raison de la non-adhésion des grands blocs économiques, tels la Russie et les Etats-Unis.

Luxembourg, le 20 février 2004

 

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