Au gouvernement de prendre ses responsabilités

Lors d’une conférence de presse en date du 12 octobre 2010, la Fedil s’est prononcée sur un certain nombre de sujets d’actualité en relation, notamment, avec la situation du Luxembourg en matière de compétitivité, les finances publiques et la sécurité sociale.

« La situation est très grave. » C’est par ces termes que le président de la Fedil, Robert Dennewald, a entamé la conférence de presse. Même si de nombreuses branches de l’économie connaissent actuellement une légère reprise, l’activité de l’économie luxembourgeoise est loin d’atteindre le niveau d’avant-crise. « La production industrielle table actuellement à 90,50% de l’activité par rapport à 2005 et les prévisions pour 2011 sont très incertaines. Une sortie de crise n’est pas en vue, d’autant plus que des mesures structurelles en faveur d’un rétablissement de la compétitivité font défaut. Plus grave encore, avec la tranche indiciaire de juillet 2010 et les résultats du dernier Comité de coordination tripartite, le gouvernement ne fait qu’empirer la situation » a-t-il décrit la situation actuelle de l’économie luxembourgeoise.

Dans ce contexte, Robert Dennewald a rappelé qu’aucune des propositions des organisations patronales présentées au cours des réunions du Comité de coordination tripartite de printemps dernier n’a été retenue par le gouvernement, bien que ce dernier ait partagé avec les représentants patronaux l’analyse de la situation économique, sociale et financière. Il a déploré le manque de détermination du gouvernement en matière de mise en place de réformes, réformes qu’il a jugées vitales pour l’économie luxembourgeoise.

Dans son analyse de la situation économique, le directeur de la Fedil, Nicolas Soisson, a constaté que la compétitivité de l’économie se dégrade sans cesse alors que le gouvernement ne fait aucun effort pour inverser cette tendance. Aux coûts salariaux croissants s’ajoute un marché du travail dont les mécanismes ne fonctionnent guère et des procédures administratives longues et fastidieuses. A titre d’exemple, il a cité l’évolution des coûts salariaux qui, entre 2000 et 2009, ont augmenté de 33,4% au Luxembourg contre 8% en Allemagne et 20,8% en France. « Avec des dérapages pareils, il sera difficile d’attirer de nouveaux investisseurs » a expliqué Nicolas Soisson. Et de continuer : « Cette politique tue le site industriel luxembourgeois et anéantit tous les efforts de diversification. »

Nicolas Soisson a ensuite analysé les chiffres du projet de budget pour l’exercice 2011, budget qu’il a qualifié de leurre. « Le gouvernement affirme limiter les dépenses alors que ceci n’est aucunement le cas ». En effet, les dépenses augmentent, d’une année à l’autre, de 5,3%, ceci malgré une forte diminution des investissements. Ce sont surtout les frais de fonctionnement de l’Etat et les transferts à la sécurité sociale qui expliquent la progression des dépenses. Les mesures d’économies proposées par le gouvernement au printemps ont été révisées à la baisse, à l’exception des investissements. Dans ce contexte, le directeur a dénoncé l’opinion largement répandue qui veut que les investissements soient considérés comme des dépenses au profit des entreprises, alors qu’ils servent au développement du pays et au bien-être de toute la population. Les recettes budgétaires, par contre, sont en nette progression (+13,7%), reflétant l’alourdissement de la charge fiscale pesant à la fois sur les ménages et sur les entreprises.

Nicolas Soisson a commenté ensuite l’évolution récente dans le domaine de la sécurité sociale. Il a rappelé que le système est extrêmement onéreux et que les réformes indispensables en vue de limiter la croissance des dépenses ne doivent plus se faire attendre. Il a regretté que le projet de réforme de l’assurance maladie ne répond que très partiellement aux défis posés à l’assurance maladie et il a rappelé l’opposition ferme de la Fedil à toute augmentation des cotisations sociales patronales.

En guise de conclusion, le président de la Fedil, Robert Dennewald, a lancé un appel aux membres du gouvernement de prendre leurs responsabilités et d’entamer les réformes nécessaires. « Si le gouvernement persiste dans sa léthargie, il portera le coup de grâce à l’économie luxembourgeoise » a-t-il conclu.

Luxembourg, le 12 octobre 2010

 

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