La Fedil plaide en faveur d’une meilleure gouvernance politique
En date du 7 avril 2011 s’est tenue l’assemblée générale de la Fedil.
Dans son discours, le président de la Fedil, Robert Dennewald, a passé en revue l’année 2010, marquée selon lui par la reprise économique et le redressement de la conjoncture sans oublier l’échec de la tripartite et les accords bipartites.
Le président de la Fedil a constaté que, malgré un redressement conjoncturel et une progression de l’emploi, le chômage n’a pas baissé. En outre, sur un plan structurel, il a déploré que le déséquilibre entre le secteur secondaire et le secteur tertiaire de l’économie se creuse, phénomène qui mène depuis les années 1990 à une désindustrialisation avec une stagnation de la valeur ajoutée et de l’emploi dans l’industrie. Ainsi, entre 1995 et 2009, la part relative de l’industrie manufacturière dans le PIB est tombée de 13,7% à 6,5%.
Au sujet de l’énergie et de l’environnement, Robert Dennewald a souligné que l’approvisionnement électrique à un prix compétitif tout comme la réduction des gaz à effet de serre restent plus que jamais des préoccupations de l’économie luxembourgeoise. Suite à l’accident nucléaire au Japon, des fermetures anticipées de centrales nucléaires, voire l’abandon d’extension du parc nucléaire s’annoncent en Europe. Sans commenter ces choix politiques, le président de la Fedil a rappelé que le nucléaire représente quelque 28% de l’énergie primaire allouée à la production d’électricité au sein de l’Union européenne. « L’idée de vouloir remplacer rapidement une part significative de cette énergie primaire par la mise en œuvre de capacités d’énergies renouvelables ne me paraît pas très réaliste et ceci ni en termes de délais, ni en termes d’envergure » a-t-il estimé.
Robert Dennewald en a conclu qu’une sortie du nucléaire ne pourra, à court et moyen termes, se réaliser que par un recours au charbon et au gaz naturel, choix qui se feront sentir au niveau des émissions européennes de gaz à effet de serre et mènerait à une hausse du prix des quotas d’émission et de l’électricité en Union européenne alors que les prix de l’énergie hors de l’Union européenne n’en seraient pas affectés. Afin d’éviter ce phénomène de concurrence inégale, Robert Dennewald a mis en garde devant une intensification des engagements européens en termes de réduction des émissions et a lancé un appel au gouvernement pour plaider en faveur d’un moratoire dans les discussions politiques autour d’un éventuel renforcement des objectifs climatiques européens, permettant d’évaluer les répercussions d’un abandon partiel du nucléaire.
Au sujet du fonctionnement du marché du travail, le président de la Fedil a regretté que les entreprises aient toujours des difficultés pour trouver de la main-d’œuvre qualifiée au Luxembourg. « Le disfonctionnement du marché du travail est tel que l’augmentation de l’emploi au Luxembourg n’a pas été suivie par une baisse du chômage, au contraire. » a-t-il constaté. « Alors que l’emploi salarié intérieur a connu une hausse de 3% entre 2008 et 2010, le chômage a connu une augmentation de 45% sur la même période. » A ce même sujet, Robert Dennewald a déploré que le taux d’emploi de certains groupes de résidents, notamment des femmes, des jeunes et des séniors est bien moins élevé que dans les pays voisins du Luxembourg. Il a souligné l’importance de politiques structurelles contribuant à augmenter le taux d’emploi et à améliorer le fonctionnement du marché du travail.
Au sujet de quotas légaux sur la représentation des femmes au niveau de certaines catégories de sociétés, le président de la Fedil a précisé que la Fedil soutient le gouvernement dans ses intentions d’améliorer la présence des femmes dans l’économie et dans les entreprises. Il a cependant insisté que la Fedil est loin d’être convaincue par les arguments de ceux qui veulent forcer les choses en projetant l’introduction de quotas avant de se demander pourquoi vouloir proposer l’introduction de quotas dans un domaine qui ne concerne qu’une très petite partie de la population féminine ? Quid de quotas pour les délégations du personnel, pour les listes électorales, pour les conseils communaux ou encore pour la Chambre des députés.
Abordant le problème de la fiscalité des travailleurs frontaliers, Robert Dennewald a expliqué que la Fedil a multiplié les contacts avec les autorités allemandes et luxembourgeoises, sans qu’une solution n’ait pu être trouvée. Devant la menace d’une importante diminution des recettes publiques et d’un risque de perte d’attractivité du marché de l’emploi luxembourgeois, le président de la Fedil a lancé un appel au ministre des Finances pour trouver au plus vite une solution à ce problème.
Evoquant le discours sur l’état de la Nation du Premier ministre, le président a partagé le souci du Premier ministre de faire comprendre aux citoyens luxembourgeois la nécessité de procéder à des réformes en profondeur. Il a conclu en émettant le souhait que cela pourrait se faire en accord avec les partenaires sociaux dans le cadre des discussions au sein du Comité de coordination tripartite, faute d’un tel accord il appartiendrait au gouvernement et au parlement de prendre leurs responsabilités.
Par ailleurs, le directeur de la Fedil, Nicolas Soisson, a présenté à l’assemblée générale le rapport annuel 2010 du conseil d'administration retraçant, notamment, les événements de la Fedil en 2010, les activités de ses différents groupes de travail et du bureau de représentation à Bruxelles ainsi que l’évolution conjoncturelle dans les secteurs regroupés au sein de la Fedil. A signaler que 3o entreprises ont été admises à la Fedil en 2010.
Luxembourg, le 7 avril 2011










