La gouvernance économique et le Luxembourg
Le 7 juin dernier, la Commission européenne a publié une série de recommandations à chacun des 27 Etats membres de l’UE afin de les aider à réaliser leurs objectifs en matière de croissance économique et d’emplois et à assainir leurs finances publiques.
Ces recommandations spécifiques inspirées de la stratégie UE 2020 constituent le dernier épisode du semestre européen qui a pour objectif de renforcer la coordination des politiques économiques et budgétaires en Europe. En effet, la situation budgétaire inquiétante dans un nombre croissant d’Etats membres et les problèmes de solvabilité qui en découlent ont montré la nécessité pour l’UE de se doter d’une véritable gouvernance économique.
Dans ses recommandations pour le Luxembourg, la Commission demande au gouvernement de profiter de la relance économique pour assainir davantage ses budgets afin d’atteindre ses objectifs de réduction de l’endettement public en 2012 au lieu de 2014.
En outre, la Commission conseille au gouvernement de mettre en œuvre une vaste réforme du système des retraites, et ce particulièrement en adaptant l’âge de départ à la retraite à l’espérance de vie et en encourageant la participation des travailleurs âgés au marché du travail.
La recommandation de réformer le système de fixation des salaires afin de l’adapter à l’évolution de la productivité et de la compétitivité de l’économie est un point essentiel du document de la Commission européenne.
La dernière recommandation pour le gouvernement luxembourgeois en matière de lutte contre le chômage des jeunes clôt une liste très complète de propositions de réformes structurelles.
Le fait que ces recommandations soient partagées par la Fedil et communiquées depuis un certain temps ne nous conduit pas à exprimer un triomphalisme sournois. L’heure est bien trop grave pour se livrer à ce genre de provocations malsaines.
Au contraire, il est temps de réitérer notre volonté d’accompagner notre gouvernement dans la réalisation des réformes structurelles essentielles pour la pérennité de la croissance et de l’emploi dans notre pays. Nous sommes bien conscients de la difficulté d’engager ces réformes, compte tenu des sensibilités politiques des uns et des autres et des pressions syndicalistes peu enclines au compromis. Toutefois, les expériences grecque, portugaise ou encore espagnole nous apprennent que, même si les pathologies de ces pays sont différentes, les symptômes sont semblables.
Parmi ceux-ci nous constatons une ingérence des décideurs politiques quant à la nécessité de modérer la politique budgétaire et de remédier à temps aux déficiences structurelles persistantes et évidentes. Force est de constater que les similitudes avec la situation luxembourgeoise ne sont pas dénuées de tout fondement.
Toutefois, et à l’inverse de la situation en Grèce et au Portugal, il n’est pas trop tard pour bien faire. C’est pourquoi nous en appelons à la responsabilité et à la volonté du gouvernement luxembourgeois de prendre ces recommandations au sérieux et de les mettre en œuvre sans tarder. Nous nous félicitons des initiatives qui ont été amorcées et nous encourageons le gouvernement à aller au bout de ses projets.
Nous en appelons à la Commission européenne d’assurer un suivi rigoureux de leurs recommandations, et ce dans tous les Etats membres de l’UE et de stimuler une véritable plateforme de révision par les pairs au niveau du Conseil. Si l’Union européenne n’arrive pas à redresser la situation actuelle et à prévenir les crises futures, le projet européen sera voué à l’échec.











