Vers une nouvelle politique industrielle - Conférence de presse "Automne" de la Fedil

Lors d’une conférence de presse en date du 11 octobre 2011, la Fedil s’est prononcée sur un certain nombre de sujets d’actualité en relation, notamment, avec la situation économique du Luxembourg à travers l’évolution du PIB, la production industrielle, l’évolution du coût salarial unitaire ou encore la situation des finances publiques.

Le président de la Fedil, Robert Dennewald, a rappelé que la situation du Luxembourg est loin d’être réjouissante et qu’il faut des mesures courageuses pour redresser la situation et, partant, pérenniser la croissance économique, indispensable à la survie du modèle économique luxembourgeois.

« La compétitivité de l’économie continue à se dégrader par rapport à nos voisins », a constaté Nicolas Soisson,  directeur de la Fedil. Il a illustré cette dégradation à travers l’évolution des coûts salariaux unitaires, qui ont augmenté de 35 % en 12 ans au Luxembourg, contre 5 % en Allemagne et 22% au sein de la zone euro. Le directeur de la Fedil a en outre déploré que les responsables politiques n’aient toujours pas réussi à redynamiser le marché du travail, que le chômage vient de franchir la barre des 6% et que le déficit budgétaire se creuse.

« Au-delà, le Luxembourg souffre d’une vague de désindustrialisation qu’il s’agit de freiner » a constaté le président de la Fedil, Robert Dennewald. Il a rappelé la longue liste d’entreprises qui, au cours des dernières années, ont désinvesti au Luxembourg et de continuer : « rien qu’entre 1995 et 2010, la part de l’industrie dans le P.I.B. a chuté de plus de la moitié en passant de 15,3% à 7,1%. ».

Robert Dennewald  a souligné l’importance de l’industrie pour l’économie luxembourgeoise et pour son marché du travail. « C’est pourquoi il faut tout mettre en œuvre pour consolider l’outil industriel existant et, à moyen et long terme, développer de nouvelles niches de compétence et attirer de nouveaux investissements industriels au Luxembourg» a-t-il déclaré.

Afin de réussir cet exploit, la Fedil estime qu’il faudra se donner les moyens pour mettre en œuvre des réformes profondes du cadre réglementaire, que ce soit dans le domaine de la simplification administrative, de la flexibilité du marché du travail ou de la promotion des métiers techniques et scientifiques.» a déclaré le directeur de la Fedil en ajoutant qu’il sera nécessaire de maitriser les coûts de production sous peine de dissuader tout investisseur industriel de s’installer au Luxembourg.

Finalement, Nicolas Soisson a insisté sur l’importance de la promotion de la RDI, essentielle pour le développement de l’industrie luxembourgeoise. Il a expliqué qu’il est primordial de renforcer la collaboration entre les acteurs de la recherche privée et de la recherche publique et de mieux valoriser les résultats de cette dernière au profit des entreprises, sans cependant négliger le soutien des entreprises dans leurs efforts de R&D.

En guise de conclusion, le président de la Fedil, Robert Dennewald, a lancé l’idée de la création d’un «  Haut comité public-privé pour le développement de l’industrie », à l’image de celui existant pour la place financière. Cet organe permettrait une collaboration et une meilleure coordination entre les entreprises et les autorités publiques pour ainsi renforcer le tissu économique et industriel luxembourgeois.