Assemblée générale 2012 de la Fedil
En date du 28 mars 2012 s’est tenue l’assemblée générale de la Fedil.
Dans son discours, le président de la Fedil, Robert Dennewald, a passé en revue l’année 2011 dont il a dressé un bilan mitigé. Il a ainsi rappelé que suite aux résultats très décevants des troisième et quatrième trimestres de 2011, la production industrielle a chuté de 4% par rapport à 2010. Il en est de même pour le marché de l’emploi. Entre février 2011 et février 2012, le nombre de chômeurs a augmenté de plus de 10% pour atteindre un taux record de 5,9%. L’évolution du PIB n’est pas plus réjouissante. Si, en 2010, sa hausse a atteint 2,7%, cette dernière n’a été que de 1% en 2011 et les prévisions du ministère des Finances anticipent même une régression de 0,9% pour l’année en cours.
Robert Dennewald, qui a été reconduit dans son mandat de président de la Fedil pour un terme de trois ans, a annoncé qu’il mettra l’accent lors de ce mandat sur quatre objectifs : améliorer l’image des entreprises au Luxembourg et relancer l’esprit d’entreprise ; renforcer la compétitivité du Luxembourg ; inverser la tendance de la désindustrialisation du Luxembourg et renforcer le rôle de la Fedil comme porte-parole de l’industrie, de la construction et des services aux entreprises.
En matière de compétitivité, Robert Dennewald a rappelé qu’il est indispensable pour le Luxembourg de maîtriser l’inflation et les coûts salariaux, d’arrêter l’envolée des taxes sur l’énergie et de permettre une plus grande flexibilité en ce qui concerne l’organisation du temps de travail pour ainsi continuer d’attirer les capitaux et les investissements internationaux.
« Un des atouts du Luxembourg est le niveau compétitif des charges patronales et sociales » a constaté Robert Dennewald, en insistant qu’il faudra, à tout prix, éviter de mettre en jeu cet avantage par l’absence de réformes ou par des réformes à demi-teintes telle que celle du régime des pensions.
En matière de politique climatique, le président de la Fedil a mis en garde les décideurs politiques européens face au surcoût engendré par leur politique et aux distorsions de concurrence qui s’en suivent, non seulement par rapport aux concurrents non européens, mais également au sein de l’Union européenne. A l’adresse d’Etienne Schneider, ministre de l’Economie et du Commerce extérieur, il a lancé : « Si nous n’arrivons pas à neutraliser l’impact négatif de la politique climatique sur les tarifs industriels d’électricité, nous n’avons pas d’autre choix que de demander des aides d’Etat pour pallier au risque très réel d’une vague de délocalisation d’activités vers d’autres régions du monde ».
Au sujet de la désindustrialisation, le président a constaté qu’un pays sans industrie, sans innovations et R&D industrielles sera, in fine, un pays de seconde zone. Il a plaidé en faveur d’une nouvelle approche permettant de redynamiser la politique industrielle en consolidant et en développant les structures industrielles existantes et en créant de nouvelles « niches de compétences » basées sur des investissements conséquents dans l’innovation et la recherche tout en restant ouvert par rapport à des projets industriels intéressants dans d’autres domaines.
Concernant la situation des finances publiques, Robert Dennewald a rappelé qu’à politique inchangée, le solde de financement de l’administration publique se détériore à moyen terme et reste déficitaire tout au long de la période 2013-2015. Dans ces conditions, la dette publique augmente à 24,1% du PIB en 2015. Le président de la Fedil, partant, a demandé au gouvernement de mettre rapidement en œuvre une politique d’assainissement des finances publiques, avec un effort spécifique axé sur les dépenses de fonctionnement de l’Etat et sur les transferts sociaux, ceci moyennant une plus grande sélectivité en la matière, et non sur les dépenses d’investissement.
Robert Dennewald a conclu que la situation du Luxembourg est très inquiétante et il a déploré que le gouvernement ne semble pas prêt à prendre ses responsabilités pour engager des réformes profondes. Il s’est même demandé si le gouvernement réalise la gravité de la situation.
Par ailleurs, le directeur de la Fedil, Nicolas Soisson, a présenté à l’assemblée générale le rapport annuel 2011 du conseil d'administration retraçant, notamment, les événements de la Fedil en 2011, les activités de ses différents groupes de travail et du bureau de représentation à Bruxelles ainsi que l’évolution conjoncturelle dans les secteurs regroupés au sein de la Fedil. A signaler que 17 entreprises ont été admises à la Fedil au cours de l’année 2011.
Au niveau des nominations statutaires, il faut retenir le renouvellement des mandats des membres du bureau avec Robert Dennewald (président) ; Michel Wurth et Jacques Lanners (vice-présidents). De même, les mandats d’administrateurs de Romain Becker (Creos Luxembourg S.A.) et Michèle Detaille (No-Nail Boxes (Europe) S.A.) ont été reconduits pour trois ans. Marcel Gross (Entreprise des Postes et Télécommunications) ; Hermann Lange (Goodyear S.A.) et Raymond Schadeck (Luxexpo S.A.) sont démissionnaires tandis que Nicolas Buck (Victor Buck Services S.A.) ; Betty Fontaine (Brasserie Simon Exploitation et Cie S.e.c.s.) ; Didier Mouget (PricewaterhouseCoopers S.à r.l.) et Silvia Sitzen (Good-year Dunlop Tires Operations S.A.) ont été nommés au conseil d’administration de la Fedil pour un mandat de trois ans.











