Une décision qui aura des conséquences négatives pour la croissance économique et l'emploi

La dernière réunion du conseil d’administration de la Fedil a été largement dominée par les récentes discussions au sein du Comité de coordination tripartite convoqué mercredi dernier par le gouvernement.
La proposition du gouvernement de rétablir le système d’indexation automatique des salaires à partir de janvier 2015 ne rencontre pas l’approbation de la Fedil dans la mesure où 1. elle s’écarte dangereusement de la modulation actuellement en vigueur et 2. se répercutera négativement sur la compétitivité des entreprises et, partant, sur l’évolution de l’inflation et de l’emploi.
« La proposition gouvernementale, ne prévoyant qu’une analyse de l’évolution de l’inflation après une période de cinq ans, permet que plusieurs tranches indiciaires puissent échoir endéans une période de douze mois. Ce faisant, elle ne répond ni à l’esprit, ni à la lettre du programme gouvernemental de décembre 2013 », a déclaré Robert Dennewald, président.
Dans ce contexte, le président de la Fedil a rappelé que le différentiel d’inflation par rapport à nos pays voisins, notamment par rapport à l’Allemagne et à la France, au cours des 10 dernières années, a frôlé la barre des 10% et que le chômage vient d’atteindre un nouveau record en passant, au 31 mai 2014, à 7,3%.
« Le différentiel d’inflation bien trop élevé a d’ores et déjà produit des conséquences négatives pour la compétitivité des entreprises et, partant, pour la croissance et pour l’emploi », a souligné Robert Dennewald. « Et le refus du gouvernement et des syndicats de maintenir la modulation du système d’indexation ne fera que renforcer ce mouvement, bien que l’inflation se situe actuellement à un niveau relativement bas, mais toujours supérieur à celui de nos pays voisins », a-t-il poursuivi.
Le différentiel d’inflation en défaveur du Luxembourg, de l’avis de la Fedil, s’explique par le système de la formation des salaires et des prix au Luxembourg, système largement influencé par l’indexation automatique et intégrale des salaires.
Afin de rompre ce cercle vicieux, la Fedil rappelle sa proposition en faveur de la désindexation totale de l’économie - désindexation des coûts et désindexation des prix.
En l’absence d’un accord politique sur cette proposition, le patronat suggère, en conformité avec le plan de confiance et de croissance de l’UEL, l’abandon de la prochaine tranche indiciaire prévue pour début 2015, ceci aussi pour neutraliser l’effet de la hausse de la TVA au niveau de l’indexation des salaires.
La Fedil s’attend à ce que le gouvernement, lors du prochain rendez-vous tripartite, soit prêt à considérer cette proposition et démontrer ainsi sa volonté de faire de la lutte contre l’inflation et le chômage une vraie priorité politique.