Assemblée générale FEDIL

19 avril 2007

Discours

De

M. Robert Dennewald

Président

Mesdames, Messieurs,

Chers collègues et amis,

Je vous souhaite une très cordiale bienvenue à notre assemblée générale.

Votre présence nombreuse représente pour la FEDIL et son président non seulement un encouragement, mais aussi un signe de reconnaissance pour l’action de notre organisation.

Etre le porte-parole des entreprises, défendre les intérêts légitimes de nos entreprises membres, convaincre les décideurs politiques de la nécessité de réformes dans le contexte d’une économie et d’une société en mutation rapide, tel a été l’objet des travaux de notre Conseil d’administration, de nos groupes de travail et de notre secrétariat tout au long de l’année sous revue.

Afin d’atteindre ces objectifs, nous avons besoin d'une organisation forte et solidaire. Je saisis l’occasion pour vous remercier très sincèrement de votre soutien et de votre solidarité.

Mesdames, Messieurs,

Je suis particulièrement heureux de pouvoir accueillir à nouveau Monsieur Jeannot Krecké, ministre de l’Economie et du Commerce extérieur. C’est pour la troisième fois que Vous nous faites, Monsieur le Ministre, l'honneur d’assister à notre assemblée générale tout en vous adressant à nos membres.

Nous apprécions hautement votre présence. Elle témoigne de l'attention particulière que vous portez à ceux qui se mettent à risque, qui produisent des biens et des services, qui créent l'emploi et qui, par là-même, constituent avec leurs salariés, la richesse de notre nation.

Votre présence symbolise aussi le partenariat entre la FEDIL et les pouvoirs publics, et je ne peux que me féliciter des bonnes relations que nous entretenons avec votre ministère.

Monsieur le Ministre, merci d'être aujourd'hui ici parmi nous.

Mesdames, Messieurs,

Chers Membres,

L’assemblée générale de notre fédération est l’occasion pour faire le point sur l’un ou l’autre sujet d’actualité.

Elle est aussi l’occasion pour aborder des sujets qui s’inscrivent dans une réflexion à plus long terme sur l’évolution de notre économie. Ainsi, je me propose de partager aujourd’hui avec vous quelques idées en rapport avec la diversification et le développement économiques.

Mais avant d’y arriver, je saisis cependant l’occasion de notre assemblée pour vous donner mes impressions de la première année en tant que président de la FEDIL et je vous présente mon appréciation en relation avec quelques dossiers clés qui ont dominé nos travaux durant l’année sous revue.

La FEDIL était et continue à être l’organisation professionnelle représentative de l’industrie et de la construction. Mais au cours des 15 dernières années, l’éventail de nos membres s’est considérablement élargi, ceci dans le contexte à la fois des développements au niveau des entreprises – tendance à la spécialisation – et de ceux de notre économie qui s’est mutée en une économie de services.

Aujourd’hui, la FEDIL est une organisation multisectorielle qui, à côté de l’industrie et de la construction, représente de nombreuses activités du tertiaire, à savoir: services dans le domaine des médias et de la communication, services informatiques, transport et gestion de déchets, logistique, entretien et nettoyage, services de gardiennage et de surveillance, bureaux de conseils, travail intérimaire … pour ne citer que celles-là.

Le fait de retrouver de plus en plus des sociétés de services parmi nos membres, témoigne de la confiance qu’elles attachent à la FEDIL.

Hélas, dans la perception externe, la FEDIL n’est que rarement associée aux entreprises de services. Qui, à l’extérieur, sait que l’Entreprise des Postes et Télécommunications, SES, Ernst & Young, RTL, AOL, Pedus et bien d’autres, sont depuis de nombreuses années membres de la FEDIL ?

Notre Conseil d’administration veut évidemment redresser l’image que beaucoup se font de la FEDIL en la positionnant comme fédération multisectorielle. Il va de soi que cette réflexion, qui sera menée au cours des mois à venir, ne saura aller aux dépens des dossiers classiques traités par la FEDIL et qu’elle devra être transposée avec le sérieux et le professionnalisme propres à nos travaux.

Dans ce même contexte, je voudrais souligner la nécessité de la concertation avec les autres structures patronales, fédérations et chambres, ceci au niveau de l’UEL. L’actualité économique et politique des derniers mois – je fais évidemment référence aux discussions laborieuses au sujet de l’introduction projetée du statut unique - a mis en évidence la nécessité de garder intacts les liens de solidarité entre organisations patronales. Il s’agira, en effet, de faire front commun contre toute tentative qui irait à l’encontre de nos intérêts.

Enfin, j’aimerais souligner l’importance de l’engagement international de notre fédération, notamment au niveau de l’Union européenne.

L’Europe vient de fêter le 50ième anniversaire du Traité de Rome. Aujourd’hui, une grande majorité des textes législatifs, encadrant nos entreprises, sont adoptés sur le plan communautaire. En même temps, la prospérité de notre économie dépend d’une Europe forte dotée d’un marché intérieur ouvert et basé sur des règles équitables.

Les défis sont de taille : problèmes de gouvernance, émergence de tendances protectionnistes sur les plans national et communautaire, politique européenne en matière d’énergie et de changement climatique, pour ne citer que ces domaines.

Afin de défendre les intérêts légitimes de nos entreprises membres, la FEDIL est en contact permanent avec les décideurs politiques à Bruxelles et assure son rôle au sein de la confédération patronale européenne « BusinessEurope ».

L’ouverture d’un bureau de représentation à Bruxelles fin 2003 était une décision stratégique importante qui a doté la FEDIL des moyens nécessaires pour pouvoir assumer pleinement son rôle de lobby des entreprises luxembourgeoises. Représentant de nombreuses entreprises actives sur les marchés étrangers, la FEDIL continuera à développer sa présence sur le plan international.

Mesdames, Messieurs,

Après ces quelques mots sur notre association, je voudrais passer aux actualités économique et sociale.

L’économie luxembourgeoise a connu une évolution positive tant en 2006 qu’au cours du premier trimestre de l’année en cours. Ainsi, le Produit intérieur brut (PIB), a progressé de 6,2% en 2006. Cependant, force est de constater que cette croissance est surtout portée par les services financiers et les services aux entreprises, les autres secteurs de l’économie ayant contribué dans une mesure moindre à la croissance.

Malgré la forte croissance du PIB et, partant, l’augmentation de l’emploi intérieur, le chômage est passé de 4,4% à 4,5%. Cette évolution est le résultat d’un marché de l’emploi régi par des mécanismes trop rigides et d’un système de formation incapable de répondre aux besoins de l’économie.

A côté du chômage, l’inflation pose problème. Le taux d’inflation reste élevé, à savoir 2,7% en 2006 contre 2,5% en 2005 et, dans la comparaison internationale, le Luxembourg se situe toujours en mauvaise place.

D’un point de vue des membres de la FEDIL, l’année 2006 présente un bilan plutôt mitigé. Ainsi, l’indice de la production industrielle a augmenté de 1,8% en 2006 par rapport à 2005. La sidérurgie a servi de locomotive, alors que dans les autres secteurs d’activité, la production a quasiment stagné.

Le nombre de salariés dans l’industrie a enregistré une diminution de 1,3%. Cette baisse est le reflet de l’effet conjugué des restructurations, voire des fermetures d’entreprises ayant marqué l’année 2006.

Les activités de services, représentées au sein de la FEDIL, ont connu, en général, une évolution plutôt favorable. Elles ont bénéficié de la forte croissance dans la mesure où elles offrent des services aux entreprises ou collectivités endogènes et, notamment, à la place financière.

Sur le plan de la politique économique et sociale, deux sujets ont dominé l’actualité des derniers mois : le changement climatique et l’introduction projetée du statut unique pour les salariés du secteur privé.

Le changement climatique d’abord. L’année 2006 a été marquée par les travaux de finalisation du deuxième plan national d’allocation (PNA), travaux qui ont pu être menés dans un dialogue constructif avec l’industrie. La décision de la Commission de n’accepter le PNA que sous réserve d’une forte réduction de la quantité de droits d’émission réservés à l’industrie luxembourgeoise, a fortement irrité les entreprises concernées.

L’approche retenue par la Commission européenne conduit à des distorsions au sein de l’Union, ceci en défaveur des entreprises luxembourgeoises qui, toutefois, font preuve de bonnes performances en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Ainsi, l’efficacité énergétique dans l’industrie luxembourgeoise, en 2006, s’est améliorée de 22% par rapport à 1990.

La réaction rapide du gouvernement luxembourgeois à la décision de la Commission a, d’ores et déjà, incité cette dernière à procéder à de légères adaptations. Il est cependant indispensable de poursuivre le dialogue avec la Commission pour la convaincre de revoir sa décision en faveur de l’activité industrielle au Luxembourg.

Le sujet du changement climatique a aussi était à l’ordre du jour du récent Conseil européen des 8 et 9 mars dernier. Les chefs d’Etat et de gouvernement ont décidé de réduire, au niveau de l’UE, les émissions de gaz à effet de serre de 20%, voire de 30% et d’augmenter, d’ici à 2020, la part des énergies renouvelables à 20%.

Dans les échanges avec le gouvernement, la FEDIL a partagé le point de vue qu’il faut intensifier les efforts visant une production et une utilisation plus rationnelles de l’énergie et une réduction des émissions de gaz à effet de serre. La FEDIL a toutefois mis en garde devant la fixation d’objectifs trop ambitieux et devant les conséquences économiques, écologiques et sociales non souhaitables d’un cavalier seul de l’UE en ce qui concerne la limitation des droits d’émission.

D’aucuns ont l’impression que le fossé se creuse entre, d’une part, les ambitions politiques en matière de politique de changement climatique et, d’autre part, le silence sur les incidences probables de cette même politique au plan économique et social.

Il n’y a plus aucun doute que la politique énergétique fera l’objet de profonds changements au cours des années à venir, changements qui ne resteront pas sans incidences sur la situation compétitive de l’industrie. Aussi faut-il mettre en garde contre le risque de voir les ambitions politiques, aussi louables qu’elles soient, se solder par des délocalisations d’activités industrielles, avec toutes les conséquences que cela comporte.

De l’avis de la FEDIL, la décision du Conseil européen en matière d’énergies renouvelables est bien décevante. Au lieu d’insérer ce volet de la politique énergétique dans le cadre du marché unique européen et de tirer ainsi pleinement profit des avantages comparatifs qui existent au sein de l’UE, le Conseil européen a opté pour une approche à forte orientation nationale.

Il est un fait que le Luxembourg ne dispose que d’un faible potentiel en matière d’énergies renouvelables. Ce constat vient d’être confirmé par l’étude que les ministres de l’économie et de l’environnement ont présentée le 26 mars dernier. Notre pays est dès lors tributaire de l’étranger pour contribuer de façon substantielle à l’objectif global fixé par le Conseil européen en la matière. Dans ce contexte, la FEDIL se félicite des conclusions de la Présidence allemande qui invite la Commission à analyser le potentiel que représentent les synergies transfrontalières pour atteindre l’objectif global en matière d’énergies renouvelables.

Sur le plan national, il y a lieu de redéfinir la politique de promotion des énergies renouvelables, ceci suivant le critère de l’efficacité économique et sans devoir passer par une politique de subvention démesurée aux dépens des consommateurs. Au-delà, les responsables politiques devraient dresser rapidement le cadre réglementaire régissant la valorisation des productions réalisées ailleurs en Europe et permettre ainsi aux acteurs intéressés de saisir les opportunités d’investissement offertes en la matière.

Mesdames, Messieurs,

Permettez-moi de passer ensuite au deuxième sujet qui nous tient à cœur : l’introduction projetée d’un statut unique pour les salariés du secteur privé.

La discussion a été lancée en avril 2006 dans le cadre des négociations tripartites consacrées à l’amélioration de la compétitivité de l’économie et des entreprises luxembourgeoises. La FEDIL souscrit évidemment aux engagements pris à l’époque par le gouvernement et les partenaires sociaux en relation avec le projet d’introduction du statut unique, mais exige le respect inconditionnel des prémisses inscrites dans l’accord tripartite, à savoir la neutralité financière et la prise en compte des spécificités sectorielles.

Dans une approche constructive, la FEDIL a participé activement et de manière déterminante à l’élaboration d’une position patronale dans le cadre de l’Union des entreprises luxembourgeoises, position soumise au gouvernement fin août 2006. Hélas, les propositions patronales n’ont pas été acceptées par les syndicats et depuis lors, le gouvernement s’efforce, jusqu’ici en vain, d’imaginer des solutions de compromis acceptables pour l’ensemble des parties.

Au cours des mois passés, la FEDIL n’a pas manqué de sensibiliser tous les acteurs intéressés aux enjeux et aux risques de cette réforme, ceci sur base d’un travail de préparation intense au sein de son groupe de travail Affaires sociales et de son Conseil d’administration, de même que par son apport dans le cadre de la définition de la position patronale au sein de l’Union des entreprises luxembourgeoises.

A maintes reprises nous avons rencontré, au cours des mois passés, les membres du gouvernement en charge de ce dossier épineux et avons sensibilisé l’opinion publique au sujet, ceci à travers des prises de position communiquées régulièrement à la presse.

Dans ce contexte, je tiens à remercier les chefs d’entreprise ayant suivi mon appel de février dernier de s’adresser directement aux responsables politiques à tous les niveaux pour leur faire comprendre les conséquences de l’introduction du statut unique au niveau des différentes entreprises et secteurs.

L’introduction du statut unique, comme vous pouvez le constater, a dominé les travaux internes de la FEDIL au cours des derniers mois et, croyez-moi, nos efforts en la matière ne cesseront pas avant qu’une transposition conforme à l’accord tripartite ne soit réalisée, alors qu’il y va de la pérennité de nombre d’entreprises et, partant, de postes de travail.

Monsieur le Ministre,

En date du 19 mars dernier, vous avez présenté le bilan 2006 en matière de politique de diversification économique. Il en ressort que la politique de diversification du gouvernement porte ses fruits, avec un total de 16 activités nouvelles décidées en 2006. Parmi ces investissements, il y a lieu de mettre en évidence la décision de l’équipementier automobile Delphi de transférer le siège mondial de sa division Powertrain à Bascharage.

Sur les 16 investissements ayant eu lieu en 2006, seulement deux sont d’origine industrielle, les autres se situant majoritairement dans le domaine du commerce électronique et de l’informatique.

Le bilan présenté par Vous, Monsieur le Ministre, s’inscrit dans le contexte d’une économie luxembourgeoise qui, au cours des dernières années, a fait l’objet de profondes mutations structurelles. Nous sommes passés, endéans 30 ans, d’une économie à dominante industrie à une économie à dominante services.

En termes de valeur ajoutée, les services représentent aujourd’hui plus de 80% du Produit intérieur brut (PIB). Il s’ensuit que la politique de diversification et de développement économiques a pris une autre dimension. Elle n’est plus exclusivement axée sur le secteur de l’industrie, mais s’étend aujourd’hui aux différents secteurs de services. Je cite les efforts pour attirer des opérateurs dans le domaine du commerce électronique ou encore pour développer des secteurs comme la logistique ou les technologies de la santé.

Aujourd’hui, plusieurs ministères sont impliqués dans la réalisation des objectifs de la politique de diversification et de développement économiques. Les arguments avancés vis-à-vis des investisseurs potentiels divergent en fonction du secteur visé et le gouvernement a engagé une réflexion sur la mise en place d’une Agence de promotion du Luxembourg comme instrument de la politique économique.

L’ensemble de ces initiatives montrent à quel point la politique de diversification et de développement économiques a jusqu’ici figuré parmi les priorités des gouvernements successifs et nous nous en félicitons.

Toujours est-il, Monsieur le Ministre, que la FEDIL s’interroge sur la compétitivité future du Luxembourg et de son attractivité pour de nouveaux investisseurs.

Certes, nous avons développé, au cours des dernières années, de nombreux projets et initiatives pour favoriser l’implantation de nouvelles entreprises ou le développement des entreprises existantes : augmentation des moyens budgétaires pour le R&D, développement des activités de recherche des CRPs et mise en place de l’Université du Luxembourg, exploitation des niches fiscales pour attirer des sociétés de commerce électronique, plus fortes dotations financières des structures telles la SNCI ou Luxinnovation pour accompagner les nouveaux investisseurs dans la réalisation de leurs projets ou encore le renforcement des activités du « Board of Economic Development » avec l’ouverture de nouveaux bureaux en Inde, en Corée et en Chine.

Mais, trop souvent, on a l’impression que ces efforts sont des initiatives isolées et que le cadre général en faveur de l’investissement et de la création d’emplois est entrain de se dégrader. Je pense, par exemple, au manque de flexibilité en matière d’organisation de travail, au manque de créativité en matière de politique fiscale, aux contraintes que nous imposent les politiques énergétiques et de changement climatique, à l’absence de progrès sensible en matière de simplification administrative, aux mesures insuffisantes pour freiner l’évolution du coût salarial ou encore au frein que constitue l’aménagement du territoire pour la création de nouvelles zones d’activités.

Si nous voulons rester dans la course aux investisseurs, si nous voulons rester une terre d’accueil pour investissements étrangers, nous devons faire de la politique de diversification et de développement économiques une priorité absolue et nous doter d’une stratégie globale en la matière. Que ce soient le coût et la flexibilité du travail, la fiscalité des entreprises, la politique énergétique, la formation, l’immigration ou les infrastructures, nous devons utiliser les bons leviers afin de créer un environnement plus favorable à l’investissement.

Je suis convaincu que seule une approche horizontale nous permettra d’optimiser les atouts dont nous disposons dans un contexte de concurrence mondialisée. Une meilleure concertation entre acteurs – ministères, administrations, chambres et fédérations patronales – est nécessaire pour mieux coordonner les démarches et, surtout, pour éviter que des initiatives sectorielles ne s’excluent mutuellement. La mise en place d’une Agence de promotion est, selon la FEDIL, le moment opportun pour structurer toutes les démarches existantes et atteindre, à l’image d’autres pays, un haut degré de professionnalisme.

Je ne saurai terminer mes réflexions sans aborder le rôle de l’industrie dans le cadre de la politique de diversification et de développement économiques. Le secteur industriel est en pleine évolution : délocalisations, restructurations, fusions, cessions et acquisitions transforment le paysage industriel en permanence. De plus, les évolutions technologiques, les bouleversements politiques et les changements environnementaux ne font qu’accélérer ce processus.

On voit, d’une part, des activités se délocaliser dans des pays en plein développement et, d’autre part, de nouvelles industries basées sur la connaissance naître dans les pays développés. Le Luxembourg doit devenir acteur et non victime de cette évolution.

Nous devons travailler en permanence pour améliorer le cadre favorisant les développements exogène et endogène. Dans ce contexte, il me tient à cœur de souligner la nécessité de promouvoir davantage l’esprit d’entreprise, notamment auprès des jeunes. L’association « Business Initiative » et son concours de plans d’affaires sont de bels exemples en la matière.

Aujourd’hui, la politique industrielle dépend de plus en plus du cadre européen, d’où la nécessité d’intensifier les efforts à ce niveau. L’exemple de la politique européenne en matière de changement climatique montre qu’il y a du pain sur la planche.

Je pense aussi que nous devons mener une réflexion nationale sur le futur développement industriel avec un accent particulier sur les avantages comparatifs par rapport à la Grande Région.

Il est indéniable, et le Rapport Fontagné l’a souligné, que nous connaissons une évolution négative par rapport à nos voisins au niveau de certains facteurs de production.

La Grande Région est devenue un concurrent redoutable et en tant que chef d’entreprise je le constate sur le terrain.

Nous devons dès lors développer une politique industrielle qui doit pallier aux faiblesses et menaces futures pour les industries implantées au Luxembourg et se reposer sur les forces existantes et saisir les nouvelles opportunités.

Dans ce contexte, je propose d’explorer cinq pistes :

  • résorber le handicap au niveau de l’évolution du coût salarial via une stricte modération salariale et assouplir l’organisation du travail

  • décharger l’industrie des coûts énergétiques additionnels – taxes et autres contributions à divers fonds – qui lui ont été imposés et qui grèvent sa compétitivité

  • faire preuve de créativité au niveau de la politique fiscale, ceci à l’image du régime des intérêts notionnels ou de l’imposition des brevets introduits récemment en Belgique

  • encourager davantage la recherche et le développement ainsi que l’innovation, notamment par un ciblage de la recherche sur certains axes comme les matériaux et les technologies de l’information et de la communication

  • développer de nouvelles zones d’activités et améliorer les infrastructures de communication et de télécommunication.

Monsieur le Ministre,

Mesdames, Messieurs,

Grâce à son économie, grâce à des entreprises performantes, le Luxembourg est aujourd’hui un pays prospère.

Si nous voulons inscrire cette prospérité dans la continuité, nos décideurs politiques doivent davantage se préoccuper des conditions dans lesquelles nos entreprises – tous secteurs confondus – doivent opérer et sur lesquelles ils peuvent exercer une influence réelle et positive.

Mais nous aussi, chefs d’entreprise, nous détenons de puissants leviers à l’intérieur de nos entreprises pour contribuer à la prospérité de notre économie.

Nous devons nous interroger sur la stratégie de développement de nos entreprises, la recentrer en s’appuyant sur la sélection et le renforcement des points forts.

La tâche est délicate et les défis permanents.

Avec le soutien de nos décideurs politiques, essayons d’y répondre !

Je vous remercie de votre attention.

 

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