Assemblée générale 2008

Discours de Robert Dennewald, Président

Luxembourg, le 24 avril 2008

 

 

Mesdames, Messieurs,

Chers collègues et amis,

 

Je vous souhaite une très cordiale bienvenue à notre assemblée générale.

 

Votre présence nombreuse représente pour la Fedil et son président non seulement un encouragement, mais aussi un signe de reconnaissance pour l’action de notre organisation.

 

Etre le porte-parole des entreprises, défendre les intérêts légitimes de nos  membres, convaincre les décideurs politiques de la nécessité de réformes dans le contexte d’une économie et d’une société en mutation rapide, telle est la mission de notre fédération et tel a été l’objet des travaux de notre conseil d’administration, de nos groupes de travail et de notre secrétariat tout au long de l’année sous revue.

 

Afin d’atteindre ces objectifs, nous avons besoin d'une organisation forte et solidaire. Je saisis l’occasion pour vous remercier très sincèrement de votre soutien et de votre solidarité.

 

 

 

 

 

 

Mesdames, Messieurs,

 

Je suis particulièrement heureux de pouvoir accueillir à nouveau Monsieur Jeannot Krecké, ministre de l’Economie et du Commerce extérieur. C’est pour la quatrième fois que Vous nous faites, Monsieur le Ministre, l'honneur d’assister à notre assemblée générale tout en Vous adressant à nos membres.

 

Nous apprécions hautement votre présence. Elle témoigne de l'attention particulière que Vous portez à ceux qui se mettent à risque, qui produisent des biens et des services, qui créent l'emploi et qui, par là-même, constituent, avec leurs salariés, la richesse de notre nation.

 

Votre présence symbolise aussi le partenariat entre la Fedil et les pouvoirs publics, et je ne peux que me féliciter des bonnes relations que nous entretenons avec votre ministère.

 

Il y a un an, Monsieur le Ministre, Vous avez souligné à cette même tribune que le pays doit garder le sens des réalités, qu’il est important de  consolider l’investissement des entreprises industrielles au Luxembourg et que ceux qui rêvent d’une économie, basée uniquement sur des services, ne font que déplacer les problèmes liés au changement climatique.

 

Au vu des propositions de la Commission européenne pour mettre en œuvre les objectifs ambitieux d’une réduction de 20% des émissions de Co2 et fixer à 20% la part des sources d’énergies renouvelables, je ne peux que Vous féliciter, Monsieur le Ministre, de votre clairvoyance au sujet des défis qui se posent actuellement à certains secteurs de l’économie.

 

Vous avez également abordé le sujet de la diversification économique en citant, notamment, l’exemple du secteur de la logistique à l’image du développement du site WSA à Bettembourg-Dudelange. Aujourd’hui, un an plus tard, nous sommes à l’heure de faire le bilan de la première édition du « Logistics Management Forum » et de mettre en place une plate-forme d’échanges regroupant les interlocuteurs privés et publics du domaine de la logistique.

 

Lors de votre discours à l’occasion de notre assemblée générale de l’année dernière, Vous avez également attiré notre attention sur la problématique de la sécurité des systèmes d’information et, plus particulièrement, des réseaux informatiques de nos entreprises. En effet, force est de constater qu’il existe des lacunes au niveau des systèmes d’information et de communication dont les risques et conséquences éventuels sont trop souvent sous-estimés par les dirigeants d’entreprises.

 

 

 

Suite à votre message, nous avons donné mission à notre groupe de travail « Technologies de l’information et de la communication, en abrégé TIC » d’analyser la problématique. Le groupe de travail a relevé le défi et a élargi la mission à l’analyse de la gouvernance des TIC et au rôle du CIO – du responsable informatique – dans les entreprises. A cette fin, la Fedil a décidé de lancer, en collaboration avec le Centre de recherche public Henri Tudor, une enquête qui comportera un volet sur la sécurisation des réseaux informatiques. Les résultats de cette enquête seront la base d’un plan d’action pour sensibiliser nos entreprises à l’importance de la sécurité de leurs systèmes d'information et à la gouvernance des TIC en général.

 

Enfin, permettez-moi de Vous féliciter de la mise en place de « Luxembourg for business », agence de promotion dont l’objet principal est la promotion des exportations de biens et services des entreprises luxembourgeoises. Dans l’intérêt de ses membres, mais aussi dans l’intérêt général de l’économie luxembourgeoise, la Fedil s’est associée à cette initiative et je peux Vous assurer de notre participation active aux travaux à la fois du comité de gérance et de l’assemblée générale.

 

Monsieur le Ministre, merci d'être à notre écoute et merci d’être parmi nous aujourd'hui.

 

Mesdames, Messieurs,

Chers membres,

 

Comme vous ne l’ignorez pas, le pays s’apprête à entrer dans une phase dite « préélectorale ». Les électeurs seront appelés aux urnes en juin 2009 - d’ici 14 mois. Avouons-le : les périodes préélectorales ne font pas toujours la gloire de telle ou telle session parlementaire. Dès aujourd’hui l’un ou l’autre acteur politique semble être préoccupé à éviter une éventuelle maladresse ou à donner satisfaction à l’un ou l’autre groupe de pression.

 

Pourtant, laissez-moi vous dire que le monde des affaires ne connaît pas de période pré- ou postélectorale, car les entreprises ne peuvent pas se permettre une phase qu’on pourrait qualifier de « marche à vide ». L’attentisme ne fait pas partie des vertus qui font avancer le monde économique ! C’est pourquoi j’aimerais m’adresser au monde politique en général, et au gouvernement en particulier, de poursuivre, au-delà de toutes considérations politico-stratégiques, la voie des réformes tant nécessaires dans un environnement économique en mutation rapide.

 

 

Mesdames et Messieurs,

 

 « Modernisation, innovation, transformation et intégration », tels ont été les mots-clés qui, en quelque sorte, ont constitué le fil rouge de la déclaration du Premier ministre sur le programme gouvernemental, en août 2004. Et je me permets de citer Monsieur Juncker - « Ceux qui préfèrent ne rien changer, ceux qui ne désirent pas moderniser, innover, créer, transformer, ceux qui tablent sur la commodité du conservatisme structurel, ceux-là courent toujours après le monde. Ils ratent le rendez-vous avec l’avenir » - fin de citation.

 

« Rétablir les équilibres, assurer l’avenir », telles ont été les aspirations formulées dans le cadre de l’avis du Comité de coordination tripartite, en avril 2006. Un Comité qui, rappelons-le, est parvenu à un accord sur un ensemble de mesures destinées à rétablir l’équilibre des finances publiques, à freiner la progression salariale par une modulation du système d’indexation et à trouver un accord sur l’introduction d’un statut unique pour les salariés du secteur privé de l’économie.

 

Aujourd’hui, à l’occasion de notre assemblée générale, j’aimerais faire le point sur l’un ou l’autre de ces dossiers s’inscrivant tous dans une philosophie de modernisation de notre économie et de notre société.

 

 

Je commence avec l’introduction d’un statut unique pour salariés du secteur privé, sujet qui a donné lieu, au cours des derniers mois, à un énorme travail d’analyse effectué au sein de notre fédération.

 

Tout en sachant que ce sujet relève de la compétence directe des ministres Biltgen et Di Bartolomeo, je me dois d’aborder ce sujet épineux en présence du ministre de l’Economie et du Commerce extérieur, alors que l’introduction du statut unique aura nécessairement un impact sur la compétitivité des entreprises.

 

Je constate avec satisfaction que certains amendements récents apportés au projet de loi répondent à une des prémisses clés fixées au niveau du Comité de coordination tripartite d’avril 2006, à savoir le strict respect de la neutralité financière.

 

En effet, le taux d’intervention de l’Etat dans le financement de la Mutualité peut désormais être refixé par la loi budgétaire - et je cite - « si le bilan sur les incidences de la généralisation de la continuation de la rémunération en cas de maladie, établi annuellement et pour la première fois en 2010 (…), constate une augmentation des charges pour l’économie dans son ensemble » - fin de citation.

 

 

 

Il y a d’autres aspects qui, dans ce contexte, ont retenu toute notre attention : il s’agit de la rémunération des heures supplémentaires, question qui a trouvé une réponse conforme à l’accord tripartite, et de l’orientation future à donner à la politique tarifaire. Là encore nous reconnaissons les efforts accomplis par le gouvernement en vue de créer la base légale pour pouvoir continuer à opérer, au niveau de la convention collective de travail, des distinctions dans les conditions de travail et de rémunération en fonction de la nature du travail presté.

 

Le sujet qui, hélas, n’a jusqu’ici pas trouvé de réponse satisfaisante est celui de la lutte contre l’absentéisme abusif. Pourtant, le gouvernement s’était engagé de mettre à disposition des entreprises des moyens efficaces de lutte contre l’absentéisme abusif. Plus grave encore : le texte actuel du projet de loi supprime plus de moyens qu’il n’en crée, notamment au vu de l’absence de lien entre le droit du travail et le droit de la sécurité sociale.

 

Pour Vous, Monsieur le Ministre, qui êtes en charge de la compétitivité des entreprises, cela doit être un constat amer. Néanmoins, c’est la réalité des choses et les risques pour la compétitivité de certains secteurs ou entreprises et, partant, pour l’emploi, ne sont pas à sous-estimer. Ce sont surtout les travailleurs non qualifiés et difficilement reclassables sur le marché du travail qui risquent d’en faire les frais.

 

Nous devons donc constater que le projet de loi portant introduction du statut unique pour les salariés du secteur privé n’est pas conforme en tous points à l’accord du Comité de coordination tripartite et ne s’inscrit guère dans la logique d’une politique gouvernementale visant à augmenter la compétitivité du pays.

 

Afin d’éviter que le gouvernement ne se trouve en rupture de contrat, afin d’éviter que le fameux modèle luxembourgeois ne risque d’éclater, nous invitons dès lors le gouvernement à compléter d’urgence le projet de loi par l’introduction de dispositions donnant aux entreprises les moyens pour lutter efficacement contre l’absentéisme abusif.

 

 

Mesdames et Messieurs,

 

A côté de l’introduction du statut unique pour les salariés du secteur privé, la modulation de l’indexation des salaires fut un des points saillants de l’accord tripartite d’avril 2006. En outre, il a été convenu que la politique salariale doit, dans le moyen terme, respecter l’évolution de la productivité générale de l’économie luxembourgeoise. Cependant, nous constatons qu’à l’approche des élections sociales et législatives, d’aucuns semblent vouloir faire marche arrière en ce qui concerne les engagements pris en la matière, revendiquant haut et fort une abolition prématurée de la modulation de l’indexation. Tel a notamment été l’esprit des propos lancés au cours des derniers mois et semaines par l’un ou l’autre chef de file syndical ou politique.

 

La modulation de l’indexation, et je me dois de le rappeler, était motivée par le souci de freiner l’évolution du coût salarial et, partant, de redresser la compétitivité-coût de l’économie luxembourgeoise. Une mise en cause de la modulation du système d’indexation serait synonyme de viol de l’accord tripartite d’avril 2006 et, au-delà, constituerait une véritable menace pour la compétitivité de l’économie luxembourgeoise, ceci surtout à un moment où l’inflation est orientée à la hausse.

 

 

 

Nous nous refusons de nous mettre du côté de ceux qui veulent nous faire croire que l’inflation – un phénomène macro-économique hautement complexe – peut être freinée sur simple coup de baguette magique de tel ou tel ministre. Nous restons convaincus que la modulation de l’indexation des salaires est un moyen adéquat, non seulement pour freiner l’évolution des salaires, mais aussi pour lutter contre le phénomène de l’auto-allumage des prix à la consommation.

 

Nous restons dès lors persuadés qu’il y a lieu de procéder, dès 2010, à une réforme structurelle du mécanisme de l’indexation automatique des salaires. Dans un souci de compromis, nous demandons d’abolir son application sur les tranches de salaires dépassant une fois et demie le salaire social minimum.

 

 

Mesdames et Messieurs,

 

Un autre sujet important qui a dominé l’activité de notre fédération en 2007 est la mise en œuvre des engagements de l’Union européenne en matière de politique énergétique et climatique.

 

 

 

S’orienter vers un modèle économique qui garantit le développement durable, tel est le grand défi sociétal du 21ième siècle. Pour les entreprises, les investissements dans l’efficacité énergétique, dans l’utilisation rationnelle des matières premières et dans le développement d’écotechnologies deviennent des conditions essentielles de succès. L’industrie luxembourgeoise a montré qu’elle est prête à relever ce défi, mais il est indispensable de créer un cadre législatif compétitif, incitatif et prévisible.

 

Il est dès lors de notre devoir de mettre en garde devant les implications économiques d’une approche unilatérale et peu cohérente en matière de changement climatique. Ainsi, tout au long des discussions ayant précédé l’annonce des propositions de la commission de l’UE, le 23 janvier dernier, le gouvernement et la Fedil étaient d’accord pour dire que le respect des engagements en matière de changement climatique ne devrait pas mener à une vague de désindustrialisation de l’Europe, sans pour autant réduire, dans une approche globale, les gaz à effet de serre.

 

Nous avons plaidé pour une approche basée sur la recherche et le développement, approche qui considère le progrès technologique comme moyen efficace de réduction des gaz à effet de serre. Aussi, une entreprise qui met en œuvre les technologies modernes et performantes pour assurer sa production avec un minimum d’émissions doit-elle être libérée de l’obligation d’acheter des quotas d’émissions.

 

 

Au-delà, les deux parties ont insisté sur la nécessité de disposer, au niveau des Etats membres, de la flexibilité requise pour réaliser leurs objectifs nationaux sans engendrer des conséquences économiques non souhaitables. Ceci est vrai, entre autres, en ce qui concerne la production d’énergie à partir de sources renouvelables. Ainsi, le Luxembourg doit avoir accès aux potentiels étrangers pour réaliser son futur objectif, à savoir 11% d’énergies renouvelables. Il va de soi que cet accès doit être garanti par le cadre légal actuellement en discussion.

 

Inutile de dire que les enjeux pour le Luxembourg et son industrie sont importants et nous continuerons évidemment à faire valoir nos arguments tout au long du processus législatif européen afin de marier au mieux les aspirations écologiques et énergétiques avec la nécessité de préserver notre potentiel économique.

 

 

Mesdames et Messieurs,

 

Depuis l’annonce des travaux préparatoires en vue de la fusion des activités de Cegedel, Soteg et Saarferngas, bon nombre de nos membres s’interrogent sur le degré futur de concurrence sur les marchés de l’électricité et du gaz.

 

 

 

 

Nous avons eu l’occasion d’aborder récemment ce sujet avec le ministre de l’Economie qui nous a rassurés que la création d’une entité régionale plus puissante améliorera les possibilités d’accéder à des sources d’énergies compétitives et que le rôle important que l’Etat entend jouer dans cette entité devrait se traduire par des retombées positives pour l’ensemble de l’économie luxembourgeoise et pour l’industrie en particulier.

 

La Fedil a confiance dans l’action du ministre, sachant que les tarifs d’énergie jouent un rôle de plus en plus important dans l’encadrement et, partant, la compétitivité des entreprises.

 

Dans le contexte de marchés libéralisés, il appartient évidemment aussi aux entreprises de bien gérer leurs achats d’énergie. Elles doivent saisir les opportunités qui leurs sont offertes en la matière pour ainsi contribuer positivement à l’amélioration de leur situation compétitive, ceci indépendamment de l’apparition d’un nouvel acteur sur les marchés en question.

 

 

Mesdames et Messieurs,

 

L’économiste Joseph Schumpeter a utilisé le terme de « destruction créative » pour décrire le processus de transformation structurelle de l’économie. Endéans une génération, le Luxembourg l’a vécu de façon très spectaculaire. La profonde restructuration et la modernisation de notre tissu industriel ont été accompagnées du développement rapide de nouvelles activités, surtout dans le secteur tertiaire.

 

L’économie est en mutation permanente. Face au progrès technologique et devant des contraintes « externes » de raréfaction et de renchérissement des matières premières, y compris l’énergie, les entreprises doivent innover pour s’adapter aux nouvelles donnes. Aux pouvoirs publics d’accompagner les entreprises dans leurs efforts en vue de se restructurer ou de se moderniser !

 

Hélas, force est de constater qu’au Luxembourg la lourdeur et la lenteur des procédures d’autorisation, auxquelles s’ajoute parfois l’indécision de l’administration, freinent l’investissement, tant public que privé.

 

Au niveau des entreprises, des projets de modernisation, d’adaptation ou de diversification sont retardés dès lors qu’ils exigent la mise en œuvre de zones d’activité d’une certaine envergure ou la production d’autorisations spécifiques. Au niveau des infrastructures publiques, toute une série de projets nécessaires au bon fonctionnement de notre économie et, en général, de la société, restent bloqués par des problèmes quant à l’application des règles et procédures, administratives et judiciaires, que nous nous sommes donné.

 

 

Monsieur le Ministre,

 

Permettez-moi de Vous dire que nous sommes d’avis que le processus de simplification administrative, bien intentionné par le gouvernement, ne suffit pas pour produire le revirement nécessaire. Il faut aller au-delà. Il faut faire preuve de volonté politique et alléger les procédures d’autorisation en limitant le nombre d’études à produire, en réduisant les délais à respecter ou encore en s’interrogeant sur le bien-fondé de certaines procédures publiques.

 

L’exercice est difficile et, qui plus est, le temps presse. A l’image de l’expérience de décembre 2007 lorsque le Luxembourg a dû accepter un changement du régime de TVA applicable sur le commerce électronique et les services audio-visuels à partir de 2015, nous devons comprendre que l’exploitation des niches de souveraineté, niches qui ont fortement contribué à la croissance économique et à la création d’emplois, sera de plus en plus atténuée par le législateur européen ou reproduite par d’autres Etats européens.

 

En rapport avec le sujet de la lourdeur et la lenteur des procédures administratives, je voudrais Vous rappeler, Monsieur le Ministre, que le « pacte logement » initialement conçu pour stabiliser, sinon faire baisser, de manière durable le prix du foncier et de l’habitat inquiète sérieusement les entreprises issues du secteur du bâtiment. En effet, le projet de loi en question fait planer une certaine insécurité juridique touchant à la fois les promoteurs privés et publics et, partant, risque de créer plus de problèmes que d’en résoudre.

 

 

Mesdames et Messieurs,

 

Permettez-moi d’aborder rapidement encore un dernier sujet qui nous tient à cœur - à savoir la fiscalité des entreprises -, sujet qui est souvent au cœur même du concept de compétitivité.

 

Je parle de la compétitivité des entreprises par rapport aux concurrents venus de la Grande région ou du monde entier. Je parle aussi de la compétitivité de notre pays lorsqu’il s’agit d’attirer de nouveaux investisseurs étrangers.

 

Au niveau de la fiscalité des entreprises, la Fedil se félicite des mesures prises récemment par le gouvernement, à savoir :

 

-      l’augmentation de la bonification d’impôt pour investissements complémentaires de 10% à 12%

 

-      l’exonération partielle des revenus dégagés par les droits d’auteur sur les logiciels informatiques, les brevets, les marques ainsi que les dessins ou modèles enregistrés

 

-      et la réduction du droit d’apport de 1% à 0,5% depuis janvier 2008.

 

 

Nous proposons toutefois de ne pas s’arrêter à mi-chemin et de procéder à une adaptation plus courageuse de l’environnement fiscal des entreprises. Dans ce contexte, la Fedil salue la création d’un groupe de travail auquel sont associés des experts des organisations patronales, groupe qui a pour mission d’étudier des mesures de réformes pour améliorer et moderniser la législation fiscale actuellement en vigueur.

 

Dans ce contexte, nous devons trouver une réponse à la question du taux d’imposition global des entreprises. Aujourd’hui, le taux que nous affichons dans les benchmarks européens, reste à la traîne par rapport à la majorité des pays de l’Union européenne. Dans le but d’améliorer la compétitivité, et surtout l’attractivité du Luxembourg au niveau fiscal, il faut donc diminuer le taux d’imposition global des sociétés et le ramener en dessous des 20%.

 

Au vu du succès de l’instauration en Belgique d’un régime de déduction des intérêts notionnels permettant aux entreprises de déduire de leurs bénéfices imposables un intérêt fictif calculé sur leur capital à risque, la Fedil plaide aussi pour la mise en place de nouvelles mesures fiscales de ce type. Ceci d’autant plus, qu’à côté de la Belgique, d’autres gouvernements, tel que celui des Pays-Bas, proposent également d’introduire des solutions similaires.

 

 

Certes, ces mesures proposées vont engendrer, dans une première étape, des déchets fiscaux, mais, nous sommes convaincus que la réduction de la charge fiscale va stimuler, à terme, la production et la rentabilité des entreprises luxembourgeoises et s’avérer globalement bénéfique pour le Luxembourg.

 

 

Monsieur le Ministre,

 

Le gouvernement Vous a confié en 2005 la mission importante de coordonner la mise en œuvre de la Stratégie de Lisbonne dans notre pays. Plusieurs piliers importants de cette Stratégie ont pu être thématisés au sein du Comité de coordination tripartite en 2006. Le rapport publié récemment par la Commission européenne atteste au Grand-Duché de bons résultats pour la période de programmation 2005-2007 et la Fedil Vous en félicite particulièrement.

 

Ainsi, la Commission reconnaît les efforts qui ont été consentis par le gouvernement et, particulièrement, le ministère de l’Economie et celui de l’Education supérieure et de la Recherche pour stimuler la capacité d’innovation de notre économie.

 

Les budgets de recherche publique ont connu une croissance considérable suite à la volonté du gouvernement de porter progressivement les investissements en matière de recherche publique à 1% du PIB. Si cet effort de stimuler la recherche publique est louable, l’augmentation considérable du budget alloué nécessitera cependant une meilleure gouvernance qui garantit une recherche de qualité et qui est focalisée sur des domaines clés à retombée économique.

 

Cependant, la Commission ne cesse de pointer du doigt l’absence de réformes dans certains domaines clés pour l’avenir de notre pays, à savoir la précarité de notre système de pensions dans une perspective moyen/long terme, les faiblesses de notre système d’éducation, le manque de flexibilité sur le marché du travail et les difficultés à y intégrer certaines populations à risques, dont les travailleurs âgés, et, enfin, la nécessité d’améliorer l’environnement économique par des mesures favorisant l’émergence de marchés concurrentiels, une meilleure transposition de la législation communautaire et un meilleur soutien aux PME.

 

Au vu des enjeux économiques et sociétaux, il serait irresponsable de reporter toute tentative de réforme dans ces domaines à des échéances postélectorales. La Fedil est prête à entrer dans un dialogue constructif avec le gouvernement sur tous ces points.

 

 

Monsieur le Ministre,

Mesdames, Messieurs,

 

Si nous nous rangeons du côté de ceux qui demandent des réformes permettant à l’économie, au pays et à la société de mieux progresser, nous devons également être prêts à nous soumettre nous-mêmes à un processus de transformation.

 

Comme vous le savez, l’année 2007 a été une année importante pour la Fedil, étant donné que nous avons transposé, en décembre dernier, les conclusions des réflexions internes menées au sujet de la représentativité et de la perception de notre fédération qui regroupe aujourd’hui les entreprises des secteurs de l’industrie, de la construction et des services.

 

Nous nous sommes donné une nouvelle identité visuelle et une nouvelle « corporate identity », changements qui marquent la transition d’une fédération sectorielle - Fédération des industriels - vers une organisation multisectorielle - Fedil Business Federation Luxembourg - couvrant de larges pans de l’économie. Et c’est aujourd’hui que nous avons entamé la dernière étape de cette « métamorphose », étant donné que nous avons procédé à une modification des statuts de notre fédération.

 

 

 

Je suis convaincu que ces efforts permettront de tenir davantage compte de l’aspect multisectoriel de notre association et, partant, sont de nature à renforcer notre représentativité et l’efficacité de notre action.

 

 

Je vous remercie de votre attention.

 

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