Assemblée générale du 7 avril 2011

Discours de Monsieur Robert Dennewald, président

Mesdames, Messieurs,

Chers membres,

Je vous souhaite la bienvenue à notre assemblée générale.

Votre présence si nombreuse représente pour la Fedil et pour son président non seulement un encouragement, mais aussi un signe de reconnaissance pour l’action de notre organisation.

Je vous en remercie.

Monsieur le Ministre,

En assistant au rendez-vous annuel de nos membres, Vous témoignez de l’intérêt que Vous portez à l’économie, et plus particulièrement aux secteurs couverts par la Fedil.

Permettez-moi de Vous remercier, vous-même ainsi que vos collaborateurs, des nombreux et précieux services rendus jour pour jour à nos membres.

Nous avons toujours trouvé en Vous un interlocuteur compréhensif et avisé des problèmes auxquels nous sommes confrontés.

Nous sommes convaincus que nous pourrons également compter à l’avenir sur votre soutien efficace pour œuvrer ensemble dans l’intérêt de notre économie et, d’avance, nous Vous en sommes reconnaissants.

Mesdames, Messieurs,

Pendant les dernières semaines un chacun de nous est en pensées avec le Japon. Toute la communauté internationale s’émeut des événements survenus au Japon, un tremblement de terre d’une rare violence d’abord, provoquant un tsunami, faisant des milliers de victimes, et entraînant la catastrophe sur le site nucléaire de Fukushima, ensuite.

Le Japon est un pays avec lequel nous avons depuis longtemps beaucoup d’échanges, tant sur le plan culturel qu’économique.

Aujourd’hui nous sommes pleins d’admiration pour la solidarité et le sang-froid dont font preuve les Japonais. Et je saisis l’occasion de notre assemblée générale pour adresser toute notre sympathie au Japon et aux Japonais.

Les bouleversements politiques dans certains pays arabes nous concernent également. D’un point de vue humanitaire, nous espérons tous que le processus de transition démocratique se déroulera de manière aussi pacifique que possible dans les différents pays. Ce serait un gage de stabilité.

Les événements qui surviennent dans ces pays nous touchent aussi sur le plan économique. L’économie est fortement interconnectée et mondialisée de sorte que des changements survenus dans une région peuvent rapidement avoir des conséquences dans d’autres régions du monde.

Ainsi, dans l’éventualité d’une instabilité persistante dans l’ensemble de la région, l’on devra s’attendre à une hausse supplémentaire des prix du pétrole.

Voilà quelques réflexions sur l’actualité internationale. Par ailleurs, je vais vous parler de points importants de l’actualité économique et sociale nationale, mais évidemment d’importance relative par rapport à ce que nous ressentons et observons sur la situation japonaise et en Afrique du Nord.

Je reviens, par conséquent, à la situation luxembourgeoise pour vous rappeler que l’année 2010 a été l’année de l’échec de la tripartite, mais aussi celle des accords bipartites. En ce qui concerne l’accord que le gouvernement a conclu fin 2010 avec les associations patronales, il y a lieu de retenir la neutralisation des coûts générés par l’augmentation du salaire social minimum et du taux de cotisation à la Caisse nationale de santé, l’engagement de ne pas augmenter, au cours de la législature actuelle, les charges sociales patronales, le report de la prochaine tranche indiciaire ainsi que le relèvement du taux de participation du gouvernement aux dépenses consacrées à la formation continue au niveau des entreprises.

Du point de vue des entreprises, l’année 2010 a été l’année de la reprise. Toutes les branches de l’industrie ont profité du redressement de la conjoncture en 2010, même si le niveau d’activités d’avant-crise n’est pas encore atteint. Les services, tous secteurs confondus, ont également connu une évolution positive, souvent étroitement liée au dynamisme retrouvé par certains piliers de la place financière.

Hélas, malgré le redressement conjoncturel et, dans sa foulée, la progression de l’emploi, le chômage reste à un niveau élevé, situation qui reflète les problèmes structurels au niveau du marché de travail local.

Autre problème pesant sur les entreprises luxembourgeoises : l’absentéisme. Malgré la volonté politique annoncée lors de l’introduction du statut unique de voir réduire l’absentéisme, les entreprises restent démunies d’instruments adéquats dans la lutte contre l’absentéisme abusif et ont dû constater une remontée de son niveau en 2010.

Quant aux perspectives conjoncturelles pour 2011, elles restent incertaines dans la mesure où de nombreux risques pour la croissance planent à l’horizon : pressions inflationnistes vu la flambée des prix du pétrole et d’autres matières premières, crise de la dette européenne ou encore la catastrophe au Japon et ses répercussions sur l’économie réelle.

Sur le plan structurel, force est de constater que le déséquilibre entre secteur secondaire et secteur tertiaire de notre économie se creuse. Ainsi, tel que l’a souligné la Banque Centrale dans son dernier bulletin trimestriel, nous assistons depuis les années ‘90 à un phénomène de désindustrialisation, avec une stagnation de la valeur ajoutée et de l’emploi dans l’industrie.

S’il est vrai que le repositionnement des entreprises dans le contexte de la globalisation, allant de pair avec un rôle renforcé des pays émergents dans l’économie mondiale, y joue un rôle certain, il n’en demeure pas moins vrai que le bilan est extrêmement lourd pour le Luxembourg. En effet, dans la période 1995-2009, la part relative de l’industrie manufacturière dans le PIB est tombée de 13,7% à 6,5%.

Depuis des années, aucun nouveau projet industriel d’envergure n’a su être attiré vers le Luxembourg. Se posera la question de savoir si l’intensification des efforts de soutien aux activités de recherche et d’innovation à l’égard des entreprises existantes, tout comme la création de niches de compétences, permettent à elles seules de remédier au phénomène de désindustrialisation.

Mesdames, Messieurs,

Même si le Luxembourg n’a qu’une prise très limitée sur les défis qui l’attendent sur le plan international, il gardera, en revanche, dans les questions qui sont de la compétence de la politique nationale, une certaine marge de manœuvre qu’il doit utiliser à bon escient pour renforcer sa position.

En matière d’énergie et d’environnement, il faut tabler sur la sécurité et le réalisme. L’approvisionnement électrique à un prix compétitif est un sujet de préoccupation pour notre économie, tout comme c’est le cas pour la réduction des gaz à effet de serre.

La catastrophe naturelle ayant touché le Japon, et l’accident nucléaire qu’elle a provoqué, ont incité les décideurs politiques dans plusieurs Etats européens à reconsidérer leur attitude à l’égard de l’énergie nucléaire.

Une accélération du programme de fermeture des centrales nucléaires s’annonce en Allemagne et des projets d’investissement dans l’extension du parc nucléaire dans d’autres pays européens sont susceptibles d’être retardés, voire abandonnés.

Il n’est nullement dans mon intention de commenter le bien-fondé des choix politiques en question reflétant les craintes et les sentiments d’insécurité exprimés par une large partie de la population face aux nouvelles qui nous proviennent du Japon.

Indépendamment du degré de justification de nouvelles options en matière de politique énergétique, cette dernière doit s’insérer dans le contexte plus général du bon fonctionnement de notre société et de son économie. Partant, la politique énergétique ne peut se passer des réponses à fournir aux questions liées à la sécurité et à la compétitivité-coût des approvisionnements.

Sur cette toile de fond, je voudrais partager avec vous quelques réflexions autour du futur paysage énergétique et de ses interrelations avec la politique climatique de l’Union européenne.

Le nucléaire représente aujourd’hui quelque 28% de l’énergie primaire allouée à la production d’électricité au sein de l’Union européenne. Les prévisions de l’Union européenne et de l’Agence internationale de l’énergie sur la future évolution du parc des centrales électriques et de son impact climatique sont basées sur l’hypothèse que l’énergie nucléaire continuera à contribuer substantiellement à la couverture des besoins.

L’idée de vouloir remplacer rapidement une part significative de cette énergie primaire par la mise en œuvre de capacités d’énergies renouvelables ne me paraît pas très réaliste et ce ni en termes de délais, ni en termes d’envergure.

En effet, les capacités de production d’énergies renouvelables en question devraient être complémentaires à celles qui sont déjà prévues dans les scénarios de référence menant à une couverture de 20% en 2020, le tout dans l’hypothèse d’une amélioration de l’efficacité énergétique de 20% sur la même période.

Comparée au scénario de référence, la volonté politique de sortir du nucléaire mènera, à court et moyen termes, à un recours accru aux sources fossiles et, plus particulièrement, au charbon et au gaz naturel. L’effet se fera sentir au niveau des émissions européennes de gaz à effet de serre.

Le besoin supplémentaire en quotas d’émission qu’un abandon partiel des capacités nucléaires susciterait auprès des producteurs d’électricité, ferait évidemment grimper les cotations, tant des quotas d’émission que de l’électricité, les deux étant intimement liés.

Il va sans dire que les secteurs couverts par le système des quotas, et plus particulièrement les industries intensives en énergie, ne pourront pas résister à un dérapage des coûts de l’énergie et du CO2 en Europe, alors que leurs concurrents externes n’y sont pas exposés.

C’est dans ce souci qu’il ne faut cesser de mettre en garde devant une intensification des engagements européens en termes de réduction des émissions. A moins que la pénurie de droits d’émission, qui y va de pair, ne s’insère dans le cadre d’un accord international plaçant nos entreprises sur une base égale avec leurs concurrents non-européens.

C’est dans ce même souci que la Fedil s’adresse aujourd’hui au gouvernement pour plaider en faveur d’un moratoire dans les discussions politiques autour d’un éventuel renforcement des objectifs climatiques européens. Ce moratoire devrait avoir pour objet d’évaluer les répercussions d’un abandon partiel du nucléaire au niveau des futures performances climatiques de l’UE, sachant que le développement des énergies renouvelables connaît des limites techniques et économiques et que les techniques de neutralisation des émissions de gaz à effet de serre, tels que le captage et l’enfouissement du CO2, ne sont pas encore disponibles à grand échelle.

A côté de cette actualité pressante, dictée par les événements dramatiques au Japon, la politique énergétique se caractérise par des efforts de longue haleine visant à mieux concilier demande et offre d’énergie. A cet égard, permettez-moi d’adresser ici quelques chantiers de la politique nationale qui me tiennent à cœur.

Du côté de la demande d’énergie, je voudrais d’abord mentionner le besoin d’intensifier les efforts d’amélioration de l’efficacité énergétique au niveau des entreprises, des transports, des administrations et du résidentiel. J’espère que le partenariat climat, initié par le gouvernement, aboutira à un paquet de mesures permettant d’améliorer substantiellement le bilan énergétique et le bilan des émissions nationales, sans passer par des délocalisations et sans alourdir outre mesure la facture pour le budget de l’Etat.

Il s’agit de mieux responsabiliser les différents acteurs devant les choix de consommation et d’investissement qui se présentent à eux.

Dans sa réunion de mars 2011, le conseil d’administration de la Fedil a approuvé un nouvel accord volontaire « énergie » avec le gouvernement. Cet accord se caractérise par un suivi plus systématique du management énergétique dans les entreprises et par une intensification des actions d’encadrement et de soutien aux entreprises soucieuses d’utiliser leur énergie plus efficacement. J’y reviendrai sous peu ensemble avec une présentation des résultats encourageants de l’accord précédent venu à échéance fin 2010.

Du côté de l’offre des produits énergétiques, les projets politiques ont trop souvent tendance à se concentrer sur le développement des sources d’énergies renouvelables. Je ne veux pas dire par-là que ce développement ne me paraît pas important. Au contraire, la Fedil soutient le gouvernement dans ses efforts de réalisation des objectifs en la matière, tant au Grand-Duché qu’à l’étranger. J’estime que les investissements efficaces endogènes et les partenariats avec l’étranger pourraient servir comme vecteur de développement du secteur luxembourgeois des écotechnologies.

La critique de la focalisation du débat politique autour des seules énergies vertes est motivée par le fait qu’en 2020 elles ne représenteront que quelque 20% de la consommation finale d’énergie au sein de l’UE, et ce malgré les nombreux efforts accomplis. Il faudra probablement encore attendre quelques décennies avant de voir la majeure partie des sources fossiles remplacées par des sources renouvelables. Il serait dès lors irresponsable de négliger les besoins de recherche, d’investissement et de dialogue international auxquels il faut répondre pour réussir le développement, la diversification et la sécurisation des approvisionnements en énergies classiques, ceci dans le sens d’un développement plus durable.

Sur le plan national, le gouvernement vient de donner un signal fort dans cette direction par la présentation, il y a quelques semaines, de ses projets d’investissement visant à remplacer et à renforcer les capacités de stockage pétrolier sur territoire national. Il faut espérer que ces projets vitaux pour notre pays ne deviendront pas victime, une fois de plus, de procédures d’autorisation trop lourdes et lentes.

Mesdames, Messieurs,

A côté de l’énergie et de l’environnement, je voudrais aborder rapidement le sujet de la nécessaire amélioration du fonctionnement du marché du travail. Je pense qu’il s’agit d’un sujet des plus importants dans la mesure où nos entreprises nous font régulièrement part de leurs difficultés pour trouver de la main-d’œuvre, surtout main-d’œuvre qualifiée.

Il convient de souligner, dans ce contexte, la spécificité du marché du travail et de l’emploi luxembourgeois. En effet, le réservoir de main-d’œuvre ne se limite pas au territoire du pays, mais englobe une partie importante de la Grande région. Aujourd’hui, la part des frontaliers dans l’emploi salarié du Luxembourg est de 43,9%. Ceci explique que l’augmentation de l’emploi au Luxembourg n’a pas été suivie par une baisse du chômage, au contraire. Alors que l’emploi salarié intérieur a connu une hausse de 3% entre 2008 et 2010, le chômage a connu une augmentation de 45% sur la même période.

Dans l’intérêt à la fois des demandeurs d’emploi et des entreprises, il s’agit d’augmenter le taux d’emploi et d’améliorer le fonctionnement du marché du travail.

Les chiffres montrent que le taux d’emploi de certains groupes de résidents, notamment des femmes, des jeunes, des séniors et de ceux issus de milieux défavorisés, est bien moins élevé que dans nos pays voisins.

Cela souligne l’importance de politiques structurelles contribuant à dynamiser la croissance et à améliorer le fonctionnement du marché du travail.

En rapport avec les jeunes, il y a lieu de constater que les résultats du système d’enseignement sont relativement médiocres : il ne permet pas de satisfaire à la demande de travailleurs hautement qualifiés et les résidents les moins qualifiés éprouvent des difficultés à trouver un emploi.

A côté des faiblesses du système d’enseignement, c’est l’orientation scolaire et professionnelle qui pose problème. Force est de constater que de moins en moins de jeunes se décident pour des carrières scientifiques et techniques, raison pour laquelle notre fédération, en collaboration avec les associations d’ingénieurs, réfléchit sur le lancement d’une campagne de promotion des études scientifiques et techniques.

 

Afin d’augmenter le taux d’emploi féminin au Luxembourg, plusieurs mesures devraient être envisagées : faciliter la conciliation entre la vie professionnelle et la vie privée en tenant évidemment compte des besoins de fonctionnement des entreprises, adapter les conditions de travail, notamment au niveau de l’organisation du travail, pour rendre le travail plus attractif et promouvoir la création de structures d’accueil pour les enfants.

Dans ce contexte, j’aimerais aborder un sujet d’actualité qu’est celui de l’introduction projetée de quotas légaux sur la représentation des femmes au niveau de certaines catégories de sociétés.

La Fedil soutient entièrement le gouvernement dans ses intentions d’améliorer la présence des femmes dans l’économie et dans les entreprises. Cependant les arguments de ceux qui veulent forcer les choses en proposant l’introduction de quotas sont loin d’être convaincants.

A mon avis, les entreprises devraient être davantage sensibilisées aux enjeux liés aux bénéfices découlant de la diversité au sein de leur personnel et aux changements démographiques. Elles devraient également être informées des « best practices » développées par d’autres entreprises au Luxembourg, en Europe et dans le monde. Elles seraient ainsi incitées à trouver des solutions propres pour promouvoir l’emploi féminin, pour investir davantage dans la formation continue et pour maintenir en activité les travailleurs plus âgés.

Dans ce contexte et, en général, dans le contexte des efforts visant à augmenter le taux d’emploi des travailleurs âgés, il est intéressant de noter que les premiers éléments de la réforme de l’assurance pension, récemment présentée par le ministre de la Sécurité sociale, contiennent certains incitatifs visant à rapprocher davantage l’âge de retraite effectif de l’âge légal de la retraite.

Encore faut-il savoir que les propositions du gouvernement, en vue d’assurer à terme le financement de notre système d’assurance pension, bâti sur la solidarité intergénérationnelle, présupposent un niveau élevé de croissance économique d’ici à 2025, ainsi qu’une croissance permanente de l’emploi intérieur.

Or, un niveau élevé de croissance économique, de l’ordre de 3%, est loin d’être établi à l’heure actuelle ! Par ailleurs, si nous voulons prolonger la vie active, il sera également nécessaire de trouver des solutions permettant d’écarter, dans le cadre du dialogue social, un certain nombre d’obstacles à l’emploi des travailleurs plus âgés.

Permettez-moi de revenir un instant à la dimension régionale du marché du travail et, plus particulièrement, aux difficultés rencontrées par le Luxembourg en tant que principal pourvoyeur d’emplois dans la Grande région.

Depuis plusieurs mois, bon nombre d’entreprises et de salariés frontaliers se sont vus inquiétés par les administrations fiscales allemandes et belges afin que ces dernières puissent procéder à la prétendue « juste » imposition de ces salariés.

Pour tenter de juguler cette nouvelle interprétation des conventions de non-double imposition, la Fedil a multiplié les contacts, notamment avec les autorités allemandes et luxembourgeoises, sans qu’aucune solution n’ait pu être trouvée à l’heure actuelle.

Il n’empêche que sans une volonté politique claire de la part du gouvernement, et plus particulièrement du ministre des Finances, cette situation finira, outre une importante diminution des recettes publiques, à nuire à l’attractivité du Luxembourg en tant que marché du travail pour les non-résidents.

Mesdames, Messieurs,

Pour poursuivre la voie du succès économique et continuer de figurer dans le peloton de tête des pays les plus compétitifs, le Luxembourg doit maintenir le cap d’une politique énergétique pragmatique et procéder à un certain nombre de réformes, que ce soit en rapport avec le fonctionnement du marché du travail, la maîtrise de dépenses publiques ou la simplification des procédures administratives. Toutefois, les discussions soulevées l’an dernier dans le cadre de la tripartite ont montré l’incapacité des partenaires sociaux et du gouvernement de mener à bien des réformes structurelles conséquentes qui, pourtant, s’avèrent vitales pour garantir une croissance durable à moyen et long termes. Au vu de cette expérience des plus négatives, il est quelque peu encourageant de constater que l’UE s’est entre-temps dotée d’une gouvernance économique se traduisant par une pression exogène d’implémenter des réformes endogènes. Ainsi, la mise en œuvre de la stratégie UE2020, complémentée par un suivi rigoureux dans le cadre du semestre européen, a contraint notre gouvernement de rédiger un programme national des réformes dans lequel il situe les grandes lignes du développement de notre pays à l’horizon 2020. Il en est de même pour le pacte « euro plus », signé par 23 pays de l’Union lors du Sommet de Printemps dernier, et où les dirigeants s’engagent à mettre en œuvre des réformes dans les domaines qui relèvent de leurs compétences nationales, telles les retraites et le marché du travail. Il est pris particulièrement note du chapitre qui adresse la prévention de la flambée de l’inflation et la Fedil ne manquera pas de rappeler au gouvernement les engagements qu’il a signés en ce qui concerne la réforme du système d’indexation des salaires. Le programme national de réformes a fait l’objet des récentes réunions du Comité de coordination tripartite et référence y a été faite par le Premier ministre à l’occasion de son discours sur l’état de la Nation d’hier. Je partage les constats faits par le Premier ministre en matière de finances publiques, de fonctionnement du marché du travail ou encore de la nécessaire amélioration de la compétitivité des entreprises. Je partage aussi le souci du Premier ministre de faire comprendre à nos concitoyens la nécessité de procéder à des réformes en profondeur. En effet, si nous refusons de changer nos mentalités et nos habitudes dans un monde en constante mutation, si nous persistons à nous renfermer sur nous-mêmes, la dégradation de notre tissu économique, la perte de compétitivité de nos entreprises et, partant, la menace planant sur nos postes de travail en seront les conséquences inéluctables. En paraphrasant le Premier ministre, je dirais que les défis sont connus, les analyses sont faites, et que, dès maintenant, il s’agit de mettre en œuvre les solutions appropriées. Aussi, je fais part de mon espoir que cela pourra se faire en accord avec les partenaires sociaux dans le cadre des discussions tripartites, sinon, et je cite Monsieur Juncker : « il appartiendra au gouvernement et au parlement de prendre leurs responsabilités ». Monsieur le Ministre, Mesdames, Messieurs, Grâce à son économie, grâce à des entreprises performantes, le Luxembourg est aujourd’hui un pays prospère. Si nous voulons inscrire cette prospérité dans la continuité, nos décideurs politiques devront davantage se préoccuper des conditions dans lesquelles nos entreprises – tous secteurs confondus – sont contraintes d’opérer et sur lesquelles ils pourront exercer une influence réelle et positive. Mais nous aussi, chefs d’entreprise, nous détenons de puissants leviers à l’intérieur de nos entreprises pour contribuer à la prospérité de notre économie. Nous devons nous interroger sur la stratégie de développement de nos entreprises, la recentrer en s’appuyant sur la sélection et le renforcement des points forts. La tâche est délicate et les défis permanents. Avec le soutien de nos décideurs politiques, essayons d’y répondre ! Je vous remercie de votre attention.

 

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