Message de la FEDIL en vue du Conseil européen du 18 et 19 juin 2020 concernant le plan de relance européen et la stratégie industrielle

Luxembourg, le 18 juin 2020 – Dans le contexte de la crise du coronavirus, nous nous attendons à ce que l’économie européenne subisse une contraction d’environ 8 % en 2020 et ne retourne vers des niveaux de production d’avant la crise qu’à la fin de 2021. La FEDIL salue l’ambition de la Commission européenne et estime que le plan de relance européen présenté le 27 mai 2020 a un poids financier suffisamment important pour permettre à l’économie européenne de se reconstruire après la crise du COVID-19. Le Conseil européen joue un rôle crucial dans la réalisation de ces objectifs ambitieux et nous l’encourageons à rapidement trouver un accord de même envergure et coordonné au niveau des États membres.

Dans cette période de négociation et de mise en place de mesures et de supervision nécessaires pour soutenir l’économie européenne, la FEDIL partage son analyse préliminaire autour de ses sujets prioritaires.

Marché intérieur

Pour mener la transformation de nos économies vers une économie décarbonisée, circulaire et compétitive, nous avons besoin d’innovation, de digitalisation et d’un marché intérieur fonctionnel.

 Nous observons que le plan de relance de la Commission ne reconnaît pas suffisamment que le simple rétablissement du marché intérieur aux niveaux d’avant la crise ne suffira pas à alimenter la relance stratégique de l’Europe. L’optique des écosystèmes industriels tels que présentés dans la nouvelle stratégie industrielle de la Commission européenne pourrait aboutir à l’identification plus facile des obstacles et barrières persistantes dans le marché intérieur et au développement de nouveaux mécanismes pour y remédier, voire éviter de le compromettre en situation de crise d’une part, et d’autre part, admettre les leviers politiques essentiels pour le revitaliser.

 En ce qui concerne la proposition de nouvelles ressources propres, certaines imposeraient un fardeau supplémentaire aux entreprises et risqueraient donc de nuire aux incitations à l’investissement pour celles-ci.

 En outre, les écosystèmes industriels présentés par la Commission dans le cadre de sa nouvelle stratégie industrielle le 10 mars 2020, semblent devenir un outil important pour la relance. Si ce concept permet d’évaluer l’ensemble de la situation économique au-delà d’une approche limitée aux secteurs et prend en compte les interconnexions de l’économie européenne, encore faut-il qu’il sélectionne des instruments et facilitateurs stratégiques pour réussir la transition verte et digitale.

Résilience

Le plan de relance européen et notamment le nouvel instrument « Next Generation EU » semblent reconnaître l’importance de l’industrie pour l’économie européenne. La FEDIL demande ainsi que ceci soit formellement reflété dans l’approche de la Commission européenne concernant les écosystèmes industriels.

En effet, les technologies de fabrication avancées jouent un rôle essentiel dans la transition vers une économie plus verte et plus digitale. En ce qui concerne les défis de la transition verte par exemple, l’industrie peut développer des produits innovants et intelligents ainsi que proposer des solutions pour faciliter la fabrication de produits circulaires et le recyclage performant.

 Concernant la volonté de la Commission européenne de renforcer la résilience de l’UE, il faudrait donner la priorité aux industries déjà présentes sur notre continent et non pas par l’unique rapatriement de certaines chaînes de production. Nous sommes d’avis que cela doit se faire par le biais de soutien, de développement et de déploiement de nouvelles technologies émergentes. Nous devons également considérer la réalité de la dépendance technologique mutuelle entre l’Europe et les autres grandes économies mondiales, qui ne s’excluent pas mutuellement mais devraient être comprises comme se renforçant l’une à l’autre.

Europe adaptée à l’ère du numérique

Alors que le paquet de relance reconnaît à quel point la capacité digitale de l’Europe est cruciale pour notre sécurité et notre prospérité, soutenant la volonté politique avec des ressources qui doivent maintenant être mises en pratique, nous sommes d’avis que l’accent devrait être davantage mis sur l’importance d’améliorer la connectivité en Europe, développer nos infrastructures digitales et encourager le déploiement de nouvelles technologies émergentes telles que l’intelligence artificielle. Il s’agit de canaliser les ressources financières pour soutenir la 5G, la cybersécurité, les partenariats public-privé de recherche et d’innovation et tous les niveaux de compétences numériques pour transformer l’Europe pour l’ère numérique.

 Pacte vert pour l’Europe

La FEDIL accueille positivement que le Green Deal se trouve au cœur de la stratégie de relance européenne. Il sera toutefois essentiel d’aller au-delà des mesures proposées pour faire de la relance dite « verte », une véritable stratégie de croissance. Or, les investissements prévus pour soutenir les technologies et les initiatives nécessaires à la transition verte comme par exemple dans les énergies renouvelables, l’hydrogène, les batteries, la capture et le stockage du carbone, la vague de rénovation ou les carburants alternatifs sont les bienvenus.

 La crise du COVID-19 représente une situation sans précédent et une fois celle-ci surmontée, l’Union européenne aura besoin d’une industrie forte pour être en mesure de faire face aux conséquences socio-économiques ainsi que de préserver la prospérité et le bien-être des citoyens.

 La FEDIL compte sur les membres du Conseil européen pour agir rapidement avec solidarité et responsabilité. Nos membres comptent sur eux pour protéger les entreprises et les travailleurs pendant la crise, tout en leur permettant de rebondir rapidement.

 

Contact de presse FEDIL

Sophie Macri

Sophie.macri@fedil.lu